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Tome I.
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PROCÈS ET MORT DE MARIE STUART

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et les beautez de son grand Temple. « La Sapience, dit Ter-tullien, c'gorgc ses enfans, mais c’est pour leur donner la vieet les diviniser par leurs propres supplices ». C’est ce qui nousreste à voir en la suite de l’histoire de Marie.

Enfin, Elizabeth, anime'e de sa vengeance et emportée par unConseil violent, se résout de la faire mourir. C’est chose très-certaine qu’Elle de'siroit avec une ardente passion la mort dela Reyne d’Ecosse, sçachant bien que sa vie e'toit contraire à sesplus de'licats intérêts, qu’Elle recherchoit en toute occasion. Ellene pouvoit ignorer que Marie Stuart avoit le droit à la Couronned’Angleterre, et Elle l’usurpation. Elle ne pouvoit oublier quedans une générale Assemble'e des Etats d’Angleterre Elle avoitété de'clarée Bâtarde, comme e'tant ne'e d’un mariage fait etconsommé contre les loix divines et humaines. Elle voyoit queson Trône ne subsistoit que par la faction de l’hérésie, et commeil s’étoit e'tably par le désordre, il falloit, selon sa police, lecimenter par le sang. Elle ne pouvoit nier pour le moins que laReyne d’Ecosse fût, sans controverse, l’héritière présomptive duRoyaume, et que la Couronne tomboit insensiblement sur lateste de cette prisonnière, qui pouvoit en un moment changertoute la face de l’État. Elle contemploit une Reyne d’un grandesprit, d’une foy inébranlable, d’une haute vertu, qui avoitl’onction du Royaume d’Écosse, qui étoit Douairière de celuyde France, appuyée par le Pape, considérée par toute la chré-tienté, regardée des Catholiques anglois comme une tige sacrée,par qui dévoient renaître les branches de la Religion que le ferde la persécution ne cessoit de trancher.

Les Hérétiques anglois, qui la craignoient comme celle quidevoit venger leurs crimes et détruire leurs fortunes qu’ilsavoient élevées sur les ruines de la Religion, n’avoient point deplus ardent désir que de la voir hors du monde. Tout conjuroità perdre cette pauvre Princesse, et il ne restoit plus rien quede donner couleur à une si hardie méchanceté.

Il arriva, sur les dernières années de son ennuyeuse prison,qu’une conspiration contre l’État et la vie de la Reyne Élizabeth,selon le récit de Cambden, fut formée par Baillard, un Prêtreanglois, qui, ayant plus de zèle pour sa Religion que de conduitedans ses entreprises, considéroit que cette femme avoit usurpéun sceptre qui ne luy appartenoit pas; qu’Elle avoit renversétoutes les maximes de' la Religion ancienne; qu’Elle tenoit en