PROCÈS ET MORT DE MARIE STUART
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Ils l’avertirent d’apporter de la circonspection dans cette en-treprise, de faire passer une association entre ceux qui en e'toientauteurs et acteurs, parce qu’il y avoit lieu d’appre'hender leshérétiques Puritains, de ne rien remuer avant les assurancesdu secours e'tranger, d’exciter quelques troubles en Irlande,pendant que l’on feroit une playe dans cette contre'e, d’attirerdans ce party le comte d’Arondel et ses frères, et autres nomme'sdans la même lettre. Ils prescrivirent aussy le moyen de délivrerla Reyne, ou en mettant le feu dans les écuries, ou en renversantun carrosse à la porte du château où Elle e'toit gardée, ou enl’enlevant lorsqu’Elle se promenoit à cheval pour se récréer.Enfin, ils l’exhortèrent de promettre de grandes récompensesaux six gentilshommes et à tous les autres.
Babinton, pensant que c’étoit la Reyne qui traitoit avec luy, endevint fort glorieux, encouragea ses compagnons, montra auxplus apparens ses lettres et brûla du désir d’exécuter sondessein. La vanité qui les emporta leur fit fermer les yeux aupéril, ouvrir la bouche au secret, et le communiquer à tantde complices, que la multitude des conjurez fit avorter leurconspiration. Ils se déclarèrent à un nommé Giffar , hommepernicieux et débordé, qui, s’e'tant chargé de la commission delaire tenir leurs lettres, les portoit toutes à Valsingham, secré-taire de la Reyne d’Angleterre, qui les ouvrait et les refermoitdcxtrement, sondant par ce moyen tous leurs desseins. Lesdernières écrites par Babinton, avec la réponse des Secrétaires aunom de Marie, furent portées à Élizabeth et à son Conseil, quien conçut une joye extrême. Elle fait prendre les conjurez, etsurtout Babinton, qui, étant appliqué à la question, ne manquapas d’avoüer qu’il avoit traité avec la Reyne d’Ecosse sur cesujet, comme en effet c’étoit sa pensée, quoyque ce ne fût pasla vérité.
Après avoir été tous ouïs et condamnez, ils furent exécutez desupplices cruels et honteux, qui donnèrent de l’horreur à ceuxqui les avoient condamnez.
Il falloit passer par les entrailles de tant de corps, pour venirau sang de Marie. Elle, qui ne sçavoit rien de ce qui se passoit,demeurait fort tranquille dans les langueurs de sa captivité,lorsqu’Elle se voit soudainement renfermée en une plus étroiteprison, les gardes redoublées, ses Secrétaires saisis sans leurpouvoir parler, ses papiers pris et son argent confisqué. Elle