PROCES ET MORT DE MARIE STUART
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» Royale, ny à mon fils le Roy d’Ecosse, ny à ses successeurs» et autres Princes souverains de la terre. C’est la protestation» que j’en ay faite et que je re'itère en vos pre'sences, devant que» de re'pondre aux crimes qui me sont imposez.
» La plus noire des médisances me charge d’avoir conspiré la» mort de ma très-chère Cousine, et après beaucoup de chica--> neries les preuves se réduisent aux lettres de Babinton, à la» déposition de mes Secrétaires, et aux sollicitations que j’av» faites envers les Princes étrangers pour attirer leurs armesa contre l’Angleterre. Je veux répondre efficacement à tous ces» chefs, et faire voir clairement la justice de ma cause à tous» ceux qui seront sans passion. Et premièrement, je jure et« proteste que je n’ay jamais connu ce Babinton, qui fait icy le» principal point de l’affaire; que je n’ay reçu aucune lettre de» sa part, et qu’il ne peut en avoir de la mienne. J’ay toujours» eu en horreur les conseils violens et funestes qui tendoient à» la ruine de la Reyne Élizabeth, et je suis preste de produire les» lettres de ceux qui, ayant eu quelque mauvaise entreprise, se» sont excusez à moy de ne m’en avoir rien découvert, parce» qu’ils sçavoient bien que mon esprit étoit éloigné de semblables» desseins. Je ne puis pas sçavoir, étant prisonnière, ce qu’a fait» Babinton et ses complices : il a pu écrire tout ce qu’il a voulu,«'mais je sçays bien que je n’ay vu, ny oüy aucune de ses lettres;» et s’il se trouve une réponse écrite par moy à des choses qui ne» sont pas seulement tombées en mon imagination, c’est une« fausseté abominable. Nous ne sommes pas en un siècle, ny en» un Royaume où l’on ignore le métier de falsifier : on m’a dit« que Valsingham, l’un d’entre vous, qui a conspiré ma mort et» celle de mon fils, se sert de ces artifices et a pu s’emparer de» mes chiffres, contrefaire une lettre comme de ma part pour» répondre à celle de Babinton qu’il avoit interceptée. L’autre>> a cru innocemment et déposé que cela venoit de moy, mais» tout cecy ne va qu’à une simple conjecture. Il faudrait un» millier de témoignages plus clairs que le rayon du soleil pour» accabler une Reyne souveraine, qui enferme en son autorité» tant de millions de vies, et l’on croit contre moy un homme» inconnu, un homme demy-mort, qui disoit tout ce qu’il sçavoit» et ce qu-’il ne sçavoit pas, pour se délivrer des horribles cru'autez» de la question. Que l’on produise une seule lettre de ma main,» un seul ombrage de ce crime, et je. me tiendray convaincue. Je