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Tome I.
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PROCES ET MORT DE MARIE STUART

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» qui se voit dans les fers, sinon implorer le secours de ses amis,» et de'sirer que quelque puissante main luy ouvre la prison ?» J’avoue d’avoir eu le désir de la liberté', mais je nie d’en avoir» recherche' l’effet par les moyens que vous alléguez. C’est chose» bien e'trange qu’une prisonnière, dont on e'pie toutes les actions,» et de qui l’on compte tous les pas, fasse des affaires que les» Souverains ont de la peine de remuer, dans une puissance» toute libre et toute absolue. Il y a tant d'anne'es que je suis» comme à la chaîne d’une misérable captivité, sans que les» offres que j’ay faites, les assurances que j’ay données, le déclin» de mon âge et de ma santé, ayent pu émouvoir ma Sœur à» mon élargissement. N’ay-je pas offert de contracter une très-» étroite amitié avec Elle, de la chérir et de la respecter très-» officieusement par-dessus tous les Princes chrétiens, mettre en» oubly toutes les offenses, la connoître pour vraye et légitime» Reyne d’Angleterre, soumettant tout mon droit au bien de la» paix, ne prétendre, ny prendre aucune part à sa Couronne de» son vivant, et renoncer tout à fait aux titres et aux armes de» ce Royaume que je m’étois attribuez par le commandement de» Henry second, Roy de France, sans que toutes ces soumissions» ayent rien opéré pour ma délivrance? Ne suis-je pas bien cou-» pable, si j’ay désiré que les Princes étrangers, mes amis et» mes alliez, me tirassent de ces profondes misères; et cependant» je n’ay jamais voulu affermir entre les mains du Roy d’Espagne» le droit qu’il prétendoit avoir sur la Couronne d’Angleterre,» quoyqu’il s’en soit offensé, respectant ma Sœur jusques à ce» point que d’avoir négligé ma vie et ma délivrance pour ne la» point irriter, et aymant mieux me servir des dévotions d’Esther» que de l’épe'e de Judith. Je dis et déclare encore à présent, que» puisque l’Angleterre m’est si peu équitable, que je ne dois, ny» ne veux mépriser l’aide des autres Roys, dans toute la douceur» que j’y pourray contribuer. Je vous ay déclaré sincèrement mes» conseils et mes pensées sur cet:e accusation; que si le droit et» l’équité cèdent à la puissance, et si la force opprime la vérité» parmy les hommes, j’en appelleray au Dieu vivant, que je» reconnois avoir un empire absolu sur la Reyne Elizabeth et» sur moy. Je jure sur mon Dieu et sur mon honneur qu’il y a» longtemps que je n’ay pensé à autre Royaume qu’à celuy du» Ciel, que je regarde comme le port de mes longues misères.» Je crois avoir satisfait à toutes vos objections, et vous sçavez