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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
cris et des lamentations qui eussent amolly un cœur d’homme,il fit faire cette exe'cution par les mains de ses satellites, et ôta àla pauvre prisonnière toutes les marques de la Royauté', pourluy faire contempler ses - fune'railles toute vive, et luy fairesaigner le cœur d’une playe mortelle, devant que l’on tirât lesang de toutes les veines de son corps par la main d’unbourreau.
Mais Élizabeth retenoit encore le coup de l’exe'cution, soitpour la crainte des Princes e'trangers, ne voyant pas assez clairdans leurs pouvoirs et protections, soit pour s’acque'rir cetteréputation imaginaire de cle'mence, soit qu’Elle voulût brûlercette pauvre victime à petit feu, luy prolongeant les langueursde sa prison.
L’autre se re'solut de luy e'erire, non pas pour luy demanderla vie, d’un style bas et mendiant, mais pour obtenir d’Elle untombeau. Yoicy encore les propres termes de sa lettre ;
« Madame,
» Je rends grâces à Dieu de tout mon cœur de ce qu’il luy» plaît de mettre fin, par vos arrests, au pèlerinage ennuyeux de» ma vie. Je ne demande point qu’elle me soit prolonge'e, n’ayant» eu que trop de temps pour expe'rimenter ses amertumes. Je» supplie Votre Majesté' que puisque je ne dois attendre aucune» faveur de quelques Ministres zélez, qui tiennent les premiers» rangs dans l’État d’Angleterre, je puisse tenir de vous seule et» non d’autre les bienfaits qui s’ensuivent :
» Premièrement, je vous demande que, comme il ne m’est» pas loisible d’espe'rer une se'pulture en Angleterre selon les» solennitez catholiques pratiquées par les anciens Roys, vos» ancestres et les miens, et que dans l’Écosse on a force' et«violente' les cendres de mes ayeuls, quand mes adversaires» seront soûlez de mon sang innocent, mon corps soit porte' par» mes domestiques en quelque terre sainte pour y être enterre',» et surtout en France, où les os de la Reyne, ma très-honore'e» mère, reposent, afin que ce pauvre corps, qui n’a jamais eu de» repos tant qu’il a este' joint à mon âme, le puisse finalement» rencontrer lorsqu’il en sera se'pare'.
» Secondement, je prie Votre Majesté, pour l’appréhension» que j’ay de la tyrannie de ceux au pouvoir desquels vous