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Tome I.
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PROCÈS ET MORT DE MARIE STUART

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» ses peines. Je vous conjure de dire à mon fils que j’ay vécu et» que je meurs constante en la Religion catholique, et que je» l’exhorte aussy de tout mon cœur de retenir la foy de ses» ancestres, d’aymer la justice, de maintenir ses peuples en» bonne paix, et de ne rien entreprendre contre la Reyne d’An-» gleterre. Je n’ay rien fait au préjudice du Royaume d’Ecosse,» et je demeure ferme en la fidélité' que j’ay toujours eüe pour le» Royaume de France. Dieu pardonne à ceux qui ont été altérez» de mon sang, comme le cerf de l’eau des fontaines. Tu connais,» ô Dieu qui es la vérité même et qui sonde les plus profonds» secrets de mon cœur, combien j’ay désiré la paix et l’union» des Royaumes d'Angleterre et d’Ecosse! »

Ce fut alors que ce cœur Royal, étant attendry sur son fils,sur l’image des cruautez et persécutions de l’Église catholique etsur les indignitez qu’on luy faisoit souffrir dans cette innocence,ses yeux versèrent quelques larmes de compassion qu’Elle essuyapromptement. Puis se tournant vers les Comtes, les pria quel’on traitât humainement ses pauvres serviteurs, les faisant joüirdes choses qu’Elle leur avoit données par son testament, et leurpermettant d’assister près d’Elle à sa mort, et de là qu’on lesrenvoyât en leurs pais, sous la foy publique. L’inhumanité ducomte de Kent luy refusa l’assistance de son monde, et dit quetout cela ne feroit qu’augmenter la superstition. Mais Elle luydit : « Ne craignez point : ces pauvres misérables ne désirent» autre chose que de me dire les derniers adieux, et je sçays que» ma sœur Élizabeth ne voudrait pas m’avoir refusé si peu de» chose, vu que l’honneur même du sexe demande que mes» servantes y soient. Je luy suis très-proche parente, petite-fille» de Henry VII et Douairière de France, outre l’onction de la» Reyne d’Écosse. Sy vous n’accordez pas cette permission,» donnez-la pour le moins à la tendresse d’un cœur humain ».Sur cette considération, on luy permet cinq ou six de ses do-mestiques pour l’accompagner au supplice, où Elle s’achemina.

Cette divine Reyne, que la France avoit vue marcher super-bement dans les pompes de son hyménée, lorsqu’Elle étoit suiviede toute la gloire, marcha pour lors avec ce petit train, pouraller tendre le col au bourreau. Elle entra dans une salle toutetapissée de noir et monta sur un échaffaut couvert des mêmeslivrées, pour accomplir le dernier acte de cette longue tragédie.Quel œil de furie n’eût pas été ébloüy à l’aspect de cette face

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