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Tome I.
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ADVIS DE CE QUI A ESTÉ FAICT, ETC.

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derniers mots d’icelles, qui la faisoient entrer en propos bienavant et presque indignez : « Monsieur de Bellièvre, avez-vous» charge du Roy, mon frère, me tenir ung tel langaige? » Il luyfit responce : « Ouy, Madame, j’en ay très-exprès commandement» de Sa Majesté' ». Elle luy re'plicqua : « Avez-vous ce pouvoir» signe' de sa main? » Il luy dict encore : « Ouy, Madame, le» Roy, vostre bon frère, m’a expresse'ment commande' et en-» charge', par lettres escriptes de sa propre main, de vous faire» les remonstrances cy-dessus ». Elle luy dict : « Je vous en» demande aultant signe' de la vostre », ce que mon dict seigneurluy envoya dès le mesme jour. Elle fit alors sortir ceulx quiestoient dans la salle, et n’y demeurèrent qu’Elle, mes dictssieurs de Bellièvre et de Chasteauneuf, et ung des siens, où ilzdemeurèrent une bonne heure en confe'rence. Ne'antmoings, jen’ay point sçeu que mon dict seigneur ayt peu tirer d’Elleaulcune asseurance de la vie de la Royne d’Escosse, mais bienasseure' mon dict seigneur d’envoyer au Roy ung sien ambas-sadeur, qui seroit à Paris aussytost comme luy, par lequel SaMajesté' recepvroit re'solution sur les affaires de la Royne d’Es-cosse. Mon dict seigneur laissa la dicte Royne en son chasteaude Grenuiche. Le dimanche, vi e jour de janvier, ayant prinscongé d’Elle et des seigneurs de sa court, faict estât de partirdeux jours après, qui estoit le mardy vm% que nous estions tousbottez et préparez pour reprendre nostre chemin en France, maisla dicte Dame envoya le dict jour deux gentilshommes des siensvers mon dict seigneur, pour le prier de voulloir bien encoreattendre deux ou trois jours, à quoy pour luy obéir, il demourajusques au xm e janvier qu’Elle luy envoya ses passeports, etcommanda à son admirai d’accomoder et faire tenir prest, au lieude Douvres, ung de ses navires pour le passage de mon dictseigneur à son retour. Après avoir passé à Rochester et Quan-torbery, deux principalles villes et e'veschés du Royaulme, nousarrivasmes au dict Douvres le samedy, xvn e jour de janvier, etle dimanche matin, sur les neuf heures, nous fut le vent sy àpropos, qu’après nous estre embarquez, nous nous trouvasmesheureusement arrivez à bon port à la rade de Calais, le dictjour, à une heure après-midy, sans avoir, Dieu mercy, supportéaulcune incommodité du mal commung de la marine, comme ilnous estoit arrivé à tous, en allant du dict Calais en Angleterre.

Ce qui est advenu depuis, et le mesme jour de nostre par-