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Tome I.
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117
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ADVIS DE CE QUI A ESTE FAICT, ETC.

I 17

» sauver de plusieurs peynes, je l’eusse faict et feray tousiours» pour eux de tout mon pouvoir, pour empescher leur des-» truction. »

La dicte Dame s’adresse au secre'taire Walsingham comme encolère, luy disant qu’il avoit este' tousiours son grand ennemy etde son filz, et sollicite' avecq certains personnages contre Elle àson pre'iudice. Le dict Walsingham luy respondit : « Madame,» je proteste devant Dieu, qui m’est 'tesmoing, que je n’ay jamais» rien faict contre vous comme homme particulier, indigne» d’homme de bien, ny comme personne publicque, indigne de» mon estât, et le diz devant Dieu et sa justice : que comme» homme, soigneux du salut de ma Maistresse, j’y ay este'» curieux. »

C’est tout ce que, pour ce jour-là, il fut faict en ceste pour-suitte jusques au lendemain, qu’Elle fut encore contrainte de sepre'senter aux dicts Commissaires, et estant assise au bout dela table de la salle, et les dicts Commissaires à l’entour, Ellecommença à leur dire tout haultement :

« Vous n’ignorez pas que je suis Royne souveraine, oincte et» sacre'e en l’Église de Dieu, et ne puis et ne doibz, pour» quelque occasion que ce soit, estre appele'e en vos auditoires» pour estre juge'e par la loy, ny vos statuts que vous mettez en» avant, car je suis Princesse libre, et ne doibz à nul Prince non» plus qu’il me doibt; et de tout ce qui m’est imposé et charge» contre ma sœur, je ne vous y peus respondre, sy vous ne» permettez que je sois assistée de mon Conseil; et, sy vous y» vouliez passer oultre, faictes ce que vous vouldrez, mais de» toutes vos proceddures, y continuant mes précédentes protes-» tâtions, j’appelle envers Dieu, qui est le vray et juste juge, et» aux Roys et Princes, mes alliez, amis et confédérez ».

Sa protestation fut derechef enregistrée, comme Elle avoitrequis.

Qui fut dict qu’Elle avoit encore escript plusieurs lettresmauvaises aux Princes de la chrestienté, faisant contre la Royned’Angleterre et son Estât?

Elle respondit : « Je ne le nye pas, et s’il estoit encore à» faire, je le ferois comme j’ay faict; pour chercher ma liberté,

» pensois et estimois qu’il n’y a homme, ny femme au monde,.» de moindre qualité que je ne le suis, qui ne le fassent et qui» n’implorassent l’avde et le secours de leurs amis, pour sortir