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Tome I.
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LES DESSOUS DE I. HISTOIRE

plus proche parente, entre'e en cestuy vostre Royaulme avectoute asseurance et bonne volonté', que laquelle portoit avecsoy, comme suppliante, le sauf-conduit de Dieu, le plus ri-goureux traictement qu’il sembloit qu’Elle.peut attendre estoitqu’on luy reme'morast comme Elle estoit venue très-humblement,[ce que] dict Homère que tout suppliant est envoyé' de Jupiter,[et ce que] nous lisons dans ung aultre poëtte : « Sed jura fidem» qz supplici erubuit meque in mea régna remisit ». Ung pas-sereau, poursuivy par ung espervier, se sauva dans le sein duphilosophe Xe'nocrate, qui le conserva soigneusement de laviolence de l’espervier, et quant et quant le laissa aller en pleineliberté, disant qu’il n’estoit pas besoing d’offencer les supplians.

La chrestienté est assez informée des choses depuis advenues,et combien Vostre Majesté a voullu sa clémence surpasser lamauvaise volonté de ceulx qui ont troublé vos affaires. Je nevoys pas que la Royne d’Escosse soit de tant d’oubly que deleur avoir adhéré, mais quand ainsy seroit que l’ennuy, la rageet le désespoir d’une prison de dix-neuf ans l’auroient précippitéeà suivre quelque imprudent conseil, il vous plaira, Madame, devous remettre en mémoire et devant les yeux la générosité de cegrand Alexandre, lequel, ayant deffait les Perses, trouva en leursarmées plusieurs Grecs qui avoient combattu contre luy. Il fitpunir rigoureusement les Athéniens et les Thessaliens, d’aultantqu’il avoit favorisé leur nation, mais quant aux Thébains qui setrouvoient en la dicte armée, il leur pardonna, pour ce, dict-il,que nous leur avons osté leurs villes et leurs terres et que nousne leur avons rien laissé. Rufficienne, femme de Boëtius et sœurde Simarchus, [que] Théodoric avoit faict mourir, accusée decrime devant Fotillus (?), fut absoute, parce qu’il sembla à ceRoy qu’elle avoit esté esmetie de juste douleur, vengeant, commeelle pouvoit, la mort de son frère et de son mary. Par là, je dizqu’encore que la Royne d’Escosse feust née personne privée, lesoccasions qui l’ont peu pousser au désespoir sont dignes decommisération, et les raisons qui se disent pour sa défensepeuvent trouver lieu près de la clémence de Vostre Majesté,laquelle, se souvenant de son ancienne affliction, dira avecDidon : « Non ignora malis, miseris succurere diseo ».

Dieu commande à son peuple d’avoir souvenance et compassiondes pellerins, parce que luy aussy l’a esté. Sy depuis la prisonde la Royne d’Escosse, il est advenu quelque chose qui ayt