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Tome I.
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PROPOSITIONS FAICTES A LA DICTE ROYNE, ETC. 123

despieu à Vostre Majesté', les the'ologiens et les historiographesnous enseignent que les maux qui se commettent durant uneguerre se doibvent principallement imputer à celluy qui est lacause de la guerre, (Tout estant tout puissant souverain, l’onadvisera en ce faict qui a commence' l’offence de nostre me'moire)(sic). Nous avons sçeu que plusieurs prisonniers de guerre des-tenuz et gardez en des places fortes ont faict entreprinses pourles surprendre, dont, oultre la perte de la place, pouvoit advenirla mort du maistre des prisonniers et de tous les hommes, avecqle sac et bruslement de la ville. Pour ceste occasion, on n’a poinctveu que jusques à présent on ayt trouvé raisonnable de proceddercontre les prisonniers de guerre par les voies ordinaires de la jus-tice, estant chose qu’on ne pourroit faire sans estre appelée justicetrop expresse, qui seroit contre le droict des gens, auquel les loixqui seroient faictes en cestuy vostre Royaulme, ou aultre quelqu’il soit, ne peuvent rien changer, ny altérer, au pre'iudice desoy-mesme, car c’est le consentement des peuples et des siècles,qui est tenu comme une aultre loy de nature, que la condition dela Royne d’Escosse ne doibve estre plus dure que celle d’un pri-sonnier de guerre. Je n’ignore pas, Madame, qu’avecq raison ilse puisse soustenir, sy l’on vous dira que Conradin (i), qui futdernier prince de Franconie (?), a esté condamné et exécuté àmort par sentence du Roy Charles, frère du Roy S' Loys, pouravoir troublé la paix de l’Église, usurpé le nom du Roy, attemptécontre la vye du Roy Charles? Je respondray que sy jamais chosea esté blasmée, et par ceulx qui vécurent en ce temps-là et partoutes les histoires, ce a esté le jugement donné et exécuté contrele dict Conradin. Les François, qui accompagnèrent le RoyCharles, eurent ce jugement en exécration, et principallementson gendre, le comte de Flandres, qui depuis tua de sa mainle juge qui avoit prononcé sy inique sentence. Il fut reproché auRoy Charles qu’il estoit plus Néron que Néron, plus cruel queles Sarrazins, [qui], lorsque l’ayant prins prisonnier avecq leRoy S' Loys, son frère, auraient monstre plus de bonté etd’humanité que les Chrestiens, où ilz les traictoient honora-blement l’ung et l’aultre durant leur prison, et les mirent enliberté avecq conditions honnestes et tollérables. Les historiensattribuent les malheurs qui depuis sont advenuz aux François

(x) Conrad V,