Band 
Tome I.
Seite
124
JPEG-Download
 

124

LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

èz guerres de Naples à la callamité de ce jugement, que l’ontient avoir esté donné contre le droict des gens, « at non in» victo ludibria tanta iniquitas nrnoz cadans férus hambas ica» membra tamen stigras tulit Junio lata sub umbras » (?).

Que nul donc, Madame, ne vous allègue l’exemple d’ung syfuneste jugement sans la licence de vostre naturel, et qui a estétrès-malheureux à la postérité et à la mémoire de celluy qui ena esté l’auteur; et quand il faudroit comparer le faict de la Royned’Escosse avecq celluy du dict Conradin, je diz, Madame, que ledict Conradin a peu estre condamné avecq plus d’apparence dejustice que l’on condamneroit la dicte Dame Royne. Conradin aesté accusé d’avoir troublé la paix de l’Église, usurpé le nom duRoy, attempté contre la vye du dict Roy Charles. Admettonsque l’on impute toute telle chose à la dicte Dame Royne. Ildemoure que ce qu’a faict le dict Conradin n’a poinct esté poursauver sa vye et se mettre en liberté, qui est la seulle cause de lacharge qui peut demourer sur ceste noble Princesse destenue sylonguement en vos prisons. (Conradin est entré au Royaulmede Naples pour oster la vye et Royaulme au Roy Charles.) LaRoyne d’Escosse n’est pas venue au vostre pour offencer, maisseullement pour l’espoir qu’EUe avoit qu’en sa grande affliction,la veue de Vostre Majesté seroit son port de salut, et pour nes’en pas mocquer, promettre que d’y trouver la seureté dequelque peu de jours, qu’Elle eust prins à seul dessein retourneren son Royaulme d’Escosse ou se sauver en France, pour semettre du tout entre les mains et en la protection de feu très-hault et de très-louable mémoire le Roy Charles, son beau-frère.L’avènement de la Royne d’Escosse faict ouyr parmy vos peuplesune voix funeste, que la vye de la dicte Dame Royne est vostreruyne, et que vos deux vves ne peuvent plus subsister en cemesme Royaulme? Nous disons communément que ce qui a estépeut estre. Il semble que les auteurs de ce langage veullenttout attribuer aux conseils des hommes et ne laisser rien à laprovidence de Dieu. David, esleu de Dieu pour estre Roy sur lepeuple d’Israël, et ayant esté oinct par le prophète Samüel, futcruellement persécuté par Saül, qui s’essaya par plusieurs foisde le faire mourir. Saül tomba enfin en la puissance de David,qui toutesfois ne le voullut offencer en aulcune sorte, et secontenta de couper son vestement. Ceulx qui assistoient Davidle reprindrent de ce que, puisque Dieu luy ayoit donné le moyen,