PROPOSITIONS FAICTES A LA DICTE ROYNE, ETC.
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il n’avoit mis fin aulx entreprinses que Saül ne cessoit de fairecontre sa vye. La responce de ce bon Roy fut : « Ha! à Dieu» ne plaise que je veuille toucher à son oinct. Je laisse à Dieu à» juger des œuvres de son ennemy et des miens! » Au lieud’attempter contre Saül, il fit mourir les satellites qui le tuèrent,et fit les plus grandes imprécations contre le mont Sibbré, oùSaül fut tue', comme, dict-il, s’il ne feust pas oinct de Dieu. Tellefut l’oppinion de ce bon Roy, bien que plusieurs estimassentque de la mort de Saül despendoit la conservation de sa vye etla seurete' et repos de son Royaulme; mais il voulloit monstrerqu’il avoit sa principalle confiance en Dieu, et qu’ayant à régner,il ne peut trouver bon ou consen ir à chose qui feust au pre'iu-dice de la dignité' et seurete' des Roys. Ceulx, Madame, qui vousdonnent ces conseils sy sanglans et inhumains vous remesttenten avant ce malheureux et tant blasmable conseil qui fut donnéau Roy Charles : « Vita Conradini, mors Caroli; mors Conra-» dini, vita Caroli » (i). Confions à Dieu nostre conduite,sçachant qu’il ne tombera pas un seul poil de nostre teste sanssa volonté. (Ceulx qui veullent esviter ung danger tombentbien souvent en ung plus grand.) Sy quelques-ungs Princescatholiques se résolvent d’entreprendre contre vostre Royaulme,ce ne sera poinct pour sauver la Royne d’Escosse, ce sera pourle faict de la religion ; et estant la dicte Dame morte et oste'e dece Royaulme, la cause de la guerre ne cessera poinct, maisplustost l’occasion en sera redoublée, et le prétexte de la dicteguerre reçeu plus spécieux qu’il n’estoit auparavant, pour lajuste vengeance d’ung acte sy estrange et sy extraordinaire, quiauroit esté commis contre toutes les loix du 'monde en lapersonne d’une Princesse souveraine, Royne sacrée èt oinctede l’Eglise de Dieu; je diz, Madame, qu’au lieu d’arrester laguerre et le mal dont il semble à plusieurs que ce Royaulmeest menacé, vous le hastiez et précippitiez, ce qu’à mon advisil vous est trop plus qu’aysé de prévenir, en conservant en vyela Royne d’Escosse. Car, s’il y a eu cy-devant apparence en ceconseil qu’il estoit à propos de vous prévalloir d’icelle commed’un bouclier pour opposer aux flèches qui se lascheroient contrevostre personne, vous ne debvez pas perdre le bouclier dont
(i) Paroles attribuées au Légat du Pape, lors de la mise en jugement et de l’exécutionde Conrad V,