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Tome I.
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PROPOSITIONS FAICTES A LA DICTE ROYNE, ETC.

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cession. Or, nous disons que celluy qui change les principesfondamentaulx se met en chemin de changer l’Estat. Sy l’on vousdict que vos subiects catholiques vous sont moings obe'issanspour l’appuy qu’ilz tiennent à la Royne d’Escosse, vostre pru-dence juge trop mieulx qu’il ne s’en fault pas donner grand’peyned’ung sy faible appuy. Et sur ce subiect, je vous diray, Ma-dame, ce qui m’a este' asseure' ve'ritable par ung personnaged’honneur, que ung certain ministre d’ung Prince qui vous peutestre subiect, dict ouvertement qu’il de’siroit, pour la grandeurde son Maistre, que la Royne d’Escosse feust desià perdue, pource qu’il est bien asseure' que le party des Catholiques anglois serangeroit entièrement du coste' de son Maistre. En ceste delli-be'ration de ce qui est utile ou dommageable, je vous supplieray,Madame, de voulloir conside'rer, sy l’on uzera de rigueur contrela dicte Dame Royne d’Escosse, le de'sespoir où l’on mettroitceulx qui luy appartiennent de sang, d’amitie' et de confe'de'-ration, auxquels l’iniure qu’on luy fera sera commune et du toutimpossible à supporter. Le nombre, la grandeur et la dignité'des Princes, qui se desclarent voulloir contraintre leur fortuneà la sienne, me'ritent estre mis en vostre sage considération.Nous n’ignorons pas, Madame, les grands moyens et dons qu’ila pieu à Dieu vous eslargir, et de fortune, et de prudence, maisceste dernière nous conseille de ne chercher poinct le hazard quise peut louablement esviter. En faict d’Estat, ce qu’il n’est pasne'cessaire, il ne le fault pas remuer. Vostre Majesté' a re'gne'longuement et heureusement pour avoir tousiours preffe're' lesconseils mode'rez à la viollence, qui me faict croire que ceulxqui penseroient maintenant pouvoir, par leurs artiffices, alte'rervostre cle'mence et doulceur, descouvriront plustost leur mauvaisnaturel qu’ilz ne pourront faire changer le vostre. On dict quepour pourvoir à une bonne re'sollution des choses qui sont misesen dellibe'ration, il fault que celluy qui conseille tende à mesmefin et aye un mesme but. Le Roy, mon Maistre, vous prieet coniure, par tous les debvoirs d’amitie', de voulloir coniurerceste adversité' survenue à la Royne d’Escosse. Vostre doulceuret mode'ration ne peut avoir aultre but, en ce conseil qu’ilvous donne, que de vous asseurer vostre Règne en toute pru-dence, repos et tranquillité'. Avecq cela, il de'sire ung honnesterelasche à tant de misères et d’afflictions que souffre continuel-lement une sy noble Princesse, qui est sa belle-sœur et vostre