PROPOSITIONS FAICTES A GRENICHE, ETC.
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commandement, Sa Majesté' de'sirant, sur toutes les choses dumonde, de pouvoir, en icelle, apporter quelque bon moyen et quifeust à vostre contentement, bien que la chose luy semble estreentièrement en vos mains, qui destenez la Royne d’Escosse pri-sonnière et la tenez en vostre puissance. Geste pauvre Princesseest maintenant sy abaisse'e et humiliée, que ses plus grandsennemiz en peuvent avoir compassion, qui me faict [d’aultant]mieulx espe'rer de la cle'mence et géne'rosite' de Vostre Majesté',qu’il ne reste plus à la Royne d’Escosse que une vye très-mise'rable de bien peu de jours, [et que] jamais il ne nous apeu entrer en l’oppinion que Vostre Majesté' se puisse re'souldreà une sy rigoureuse exe'cution. Cice'ron dict à Julius Ce'sar,parlant pour le Roy Dejotarus (?) : « Est ità in sitatem regem» capitis immesce, et autè hoc tempus non sit auditum » (?).Sy la Royne d’Escosse est innocente, il est juste qu’Elle soytdescharge'e de ceste accusation. Sy vous l’estimez coupable, ilvous est honnorable de luy pardonner. Quand vous le ferez,vous ferez ce que les bons Princes ont accoustumé de faire. LeRoy Porsenna osta la main de dessus le feu et pardonna à Scæ-vola, qui confessoit et se vantoit d’estre entre' en son armée pourle tuer et assassiner. Le plus grand pre'cepte de bien et heureu-sement re'gner est de s’abstenir du sang (ung sang amène l’aultrel,et telles exe'cutions ont ordinairement suitte. Nous sommes main-tenant aux festes de Noël, qu’il a pieu à Dieu, au lieu de sevenger de l’iniquité' et ingratitude des hommes, envoyer en cemonde son fîlz unique, Nostre-Seigneur Je'sus-Christ, pour servirde victime et de propiciation pour nos pe'chez, puis il fault à noushommes, aux festes de la Nativité de nostre Dieu, esloigner denos yeux et de nos pense'es toutes choses funestes, odieuses etsanguinaires. Sy Vostre Majesté se re'soult contre la Royne d’Es-cosse à [des] conseils extresmes, ceulx qui luy appartiennent,et de sang, et d’amitié, se pourront aussy re'souldre à mesmesconseils. Au contraire, s’il vous plaist d’uzer de bonté enversla dicte Dame, tous les Princes chrestiens s’estimeront commeobligez à veiller pour vostre conservation, ce que, en premierlieu, vous offre pour son regard et vous prouver qu’il empescherade son pouvoir que les attemptats, que ceulx que l’on prétendavoir cy-devant faicts contre Vostre Majesté, ne se fassent, et enoultre, ordonnera aux parens de la Royne d’Escosse, qui sonten son Royaulme, et fera qu’ilz s’obligeront et signeront par