1 34 LES dessous de l’histoire
leur foy et honneur, et se feront fortz pour la dicte Dame Roynequ’Elle, ny aultre pour Elle, n’entreprendra rien contre VostreMajesté' - , en quov Sa dicte Majesté' très-chrestienne vous fera, enson Royaulme et par tous aultres, les bons offices d’un bon frèreet parfaict amy. En ce, Vostre Majesté', très-prudente et très-advise'e, trouvera bon de mettre en avant quelques aultres moyensqu’Elle jugera propres pour sa seurete' et satisfaction; se daignantde nous les faire entendre, nous nous y emploierons de nospouvoirs très-fidellement, et nous y servirons de très-bon cœurenvers Sa dicte Majesté', vous suppliant à ces causes, Madame,de voulloir prendre en la meilleure part et considération ce quenous avons remonstre' par le commandement exprez du Roy,nostre Maistre, vostre bon frère, et n’estimer poinct que ce soytle moyen de vous asseurer, sy vous faictes mourir la Royned’Escosse. Vostre fortune est très-heureuse en cestuy vostreRoyaulme, vostre renommée très-belle parmy les potentats dumonde, qui me faict nous promettre que l’on ne vous persuad-dera poinct de vous re'souldre à chose sy contraire à vostre vyeprudente. Vostre Majesté' vivra en plus grande seurete', demouranten vye la Royne d’Escosse, que s’il advient qu’on la fasse mourir,dont je ne m’estendray à desduire les raisons, pour ce que VostreMajesté' les peut mieulx comprendre que nul aultre. Les remèdessanglans qui se proposent seront plustost le. commencement debeaucoup de maulx, que la fin de ceulx auxquels on dict devoulloir reme'dier. Le dormir est chose très-ne'cessaire aulx mal-lades, et n’y a rien qui les fasse plus dormir que le pavot, maisil n’y a que les folz et mauvais me'decins qui l’ordonnent à leursmallades. Sa Majesté très-chrestienne espère que vostre bontéremettra ung conseil sy funeste qui est donné contre la Royned’Escosse, mais quand ce ne seroit le bon plaisir de VostreMajesté d’avoir esgard à tant de sy grandes considérations pourlesquelles nous vous faisons ceste très-instante et très-affectionnéeprière de la part du dict seigneur Roy, nostre Maistre, ains faireprocedder à ung sy rigoureux et extraordinaire jugement, il nousa donné charge de vous dire, Madame, qu’il ne pourra qu’il nes’en ressente certaine chose contre l’inte'rest commung de tousles Roys, qui particullièrement l’aura fort offence'.