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Tome I.
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LES DERNIERS PROPOS TENUS, ETC.

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» dès longtemps préméditée et jure'e sur moy (i); ne voullant» pas aussy ignorer, mon Dieu, mais librement dire et confesser» que je me suis bien souvent esloigne'e de vos sainctes ordon-» nances, dont et de la faulte que j’y peux avoir commise, en» quelque sorte que ce soit, je vous supplye très-humblement,» mon Dieu, de m’en voulloir faire rémission, tout ainsy comme» de bon cœur je pardonne à tous ceulx qui m’ont offencée et» jugée, par leur inicque sentence, à ceste cruelle mort. Permettez-» moy, mon Dieu, que, pour ma justification, je die encore sans» vous offencer et informe en peu de parolles, et ceulx en la pré-» sence desquels je vous rends mon esprit, le reste du Royaulme» et toute la chrestienté, de la protestation que je faicts que je» n’ay oncques consenty, voullu aspirer, ny en aulcune sorte» aspiré, ny donné conseil, ny aydé en toutes les conspirations de» mort, pour l’occasion desquelles je suis icy sy faulsement» accusée et sy inhumainement traicte'e, mais bien ay-je souvent» recherché, avec l’ayde de mes amiz, alliez et confédérez catho-» liques de ce Royaulme et d’ailleurs, les moyens les plus doux» et honnestes, concernant à ma quallite', que j’ay peu ad viser» pour eschapper et sortir de ces misérables prisons pour entrer» en quelque liberté, sans néantmoings offencer Vostre Majesté di-» vine et l’Estat de ce Royaulme-, et, sy j’ay eu aultre intention à» cest endroict, je luy supplye que mon âme soit perpétuellement» privée de la particippation de vostre miséricorde et grâce, et du;> fruict qu’elle espère de la mort et Passion de Vostre très-cher» fxlz, Nostre-Seigneur Jésus-Christ; et comme innocente de» toutes ces impostures, je remects toutes mes aultres faultes et« offences soulz vostre sacrée et divine justice, par l’invocation» que je faicts à la glorieuse Vierge Marie et à tous les saincts,» anges et bienheureux qui sont en paradis, qu’il leur plaise inter-» cedder maintenant pour moy envers Dieu à ce que je puisse par-» venir et régner perpétuellement avec eux en la gloire céleste. »Ayant fini ceste oraison, Elle tira ung linge blanc qu’Elle avoitmis dans son manteau, et le bailla à l’une des dictes damoisellesqui estoient près d’Elle, disant : « Tenez, bandez-moy la veue» de ce linge, et n’abandonnez poinct mon corps, je vous prie,

(i) Tout ce dernier passage, que nous avons, du reste, textuellement transcrit, est àpeu près inintelligible, sans doute par suite de quelque erreur ou de quelque omission dupremier copiste.