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Tome I.
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HISTOIRE DES AMOURS DE HENRY QUATRIESME

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couvert, il fit toutes les enrageries contre sa femme dont il seput aviser. Il l’emmena dans un chasteau plus propre à en-fermer des lions que cette belle, et parmy tout cela ne disoit, nyne faisoit chose dont le marquis de Humières se pût offenser,n’ayant nulle envie de se prendre à un sy rude joüeur.

Luy, cependant, de'sespe're' du traitement que recevoit saDame, ne sçavoit quel remède y apporter. Le temps luy enfournit un qui ne le contenta pas tout à fait, mais qui, pour lemoins, tira sa maistresse de sa prison. Le Roy estant revenu àMante, assie'gea et prit la ville de Dieppe, dont le gouvernementfut donne' à Simières, qui se retira là avec sa femme. Ce lieu,plus beau et plus commode, donna aussy au marquis de Hu-mières le moyen d’avoir des nouvelles de sa maistresse. Il usade toutes les finesses imaginables pour continuer leur commerce,et mesme il fit faire un baptesme, où Simières et sa femmefurent priez. Il fallut y venir, parce que c’estoit chez une per-sonne de qualité' et que leurs propres parens les en prioient. Cefut alors que Humières et Madame de Simières, ravis de serevoir, ne purent estre assez discrets pour empescher la jalousiedu mary d’esclater. Il pensa tuer sa femme, la ramena en songouvernement, luy osta tous ses gens et l’enferma dans unechambre. Humières, averty de ce de'sordre, chercha tous lesmoyens d’y reme'dier, mais comme il ne le pouvoit faire ou-vertement, sans justifier toutes les jalousies de Simières, quisans doute eût tue' sa femme, il n’eut recours qu’à chercher lesoccasions de mourir. Il se retira dans une de ses maisons, oùtoute la noblesse qui estoit dans le pays le vint trouver. Voyantquarante ou cinquante gentilshommes ensemble, il leur proposad’aller en plein jour pe'tarder un chasteau où il y avoit garnisond’ennemis. Tous re'sistèrent au commencement à cette propo-sition, l’entreprise leur parroissant trop hazardeuse en plein jour,mais il les persuada sy fortement, que chacun s’y accorda. Il yenvoya quelque infanterie, et y alla luy-mesmc à une heure sybien prise, qu’il força l’une des portes du lieu. Mais la garnisondu chasteau estant sortie et les habitans reprenant cœur, ilsfirent une salve de mousquetades, dont une balle donna dans lateste de ce géne'reux guerrier, qui finit par ce coup sa gloire etson amour, à l’âge de vingt-deux ans.

Le Roy le regretta infiniment, en ayant reçeu et en attendantde très-grands services, et j’ay creu estre oblige'e de raconter au