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Î.F.S DESSOUS DE D’HISTOIRE
disoit estre sy public que cela estoit honteux au Roy, et qu’elleluy devoir persuader de l’esloigner, qu’il le falloit envoyer bienloin, où il serviroit fort bien, estant homme de courage. Bref, ilconduisit sy bien cette affaire, que ce Prince fut fort promptementdespèché en Provence. Ce qui s’y passa est pour les historiens.
Madamé, sœur du Roy, s’en prit à tout le monde et ne s’ap-paisa que par un autre objet. Ce fut le duc d’Espernon (i)(d’autres disent le duc de Bouillon) ( 2 ), qui estoit desjà âge', maistrès-galant homme, et qui avoit acquis, par les bonnes grâces dudernier Roy, de grandes dignitez et de belles charges. Cela durajusques à ce que Madame fût marie'e, peu de temps après, avecle duc de Bar (3), et alors Madame de Beaufort demeura seulemaistresse de la Cour.
Bellegarde, craignant qu’à la fin l’amour qu’il avoit pourMademoiselle de Guise ne luy fit perdre sa première maistresse,se re'solut de les mettre bien ensemble toutes deux, et voyantqu’il pouvoit ce qu’il vouloit sur son esprit, il luy persuada quepuisqu’elle estoit dans le chemin d’estre Reyne, il auroit plusd’establissement et de moyen de la servir, sy, de son consen-tement, il pouvoit espouser Mademoiselle de Guise, que sy ellel f en empeschoit; que ce pre'texte leur seroit fort plausible vers leRoy, et le destourneroit des soupçons qu’il pourroit encore avoird’eux, et où il sembloit qu’il pouvoit retomber souvent, con-noissant desjà quelque chose; que cela nuiroit extrêmement àsa grandeur, et qu’elle sçavoit bien que quoy qu’il te'moignât enapparence, en effet son cœur seroit toujours à elle. Bref, il lasçeut sy bien cajoller, qu’elle luy promit de faire bonne mine àla Princesse, qui depuis fut très-aise d’estre bien avec cettepuissance, et la sçeut sy bien entretenir, qu’elle la favorisa plusque nulle autre, et furent en telle intelligence, qu’elles estoientpresque toujours habille'es l’une comme l’autre et ne bougeoientplus d’ensemble. Cela esbloüit pour un temps le Roy sur lesoupçon qu’il recommençoit d’avoir, mais un de ses valets dechambre luy ayant fait voir une lettre que Bellegarde escrivoit àla marquise de Beaufort, qu’il avoit trouve'e, un matin qu’ellefaisoit la malade, sur sa toilette, où Arphure l’avoit laisse'e, ne
(1) Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Epernon.
(2) Henri de La Tour-d’Auvergne, vicomte de Turenne, duc de Bouillon.
(3) Henri de Lorraine, duc de Bar.