HISTOIRE DES AMOURS DE HENRY QUATRIESME
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Bussy-Lamet, qui estoit, il y avoit longtemps, à la Cour, s’ymaria alors avec une femme dont il avoit de grands enfants, et àdessein d’obliger la duchesse de Beaufort, parce que cet hommeestoit fort bien avec le Roy, à qui il parloit fort librement, luydonnant le conseil qu’il avoit pris pour luy et qui servit enquelque sorte, pour ce que l’on est bien aise d’avoir en autruides exemples principalement pour les choses qu’en soy-mesmel’on n’estime pas trop raisonnables.
Le commandement fut donc donne' à l’ambassadeur de Romede poursuivre la dissolution du mariage du Roy et de la Reyne,sa femme, qui fut sollicite’e d’y consentir. Tout cela pourtanttiroit en longueur, et la Duchesse, près d’accoucher, pressoit fort,afin qu’il n’y eût rien à redire à la naissance de l’enfant dontelle estoit grosse. Elle vint à Paris, pour y faire ses Pasques enpublic, afin de se faire voir bonne catholique au peuple qui nela croyoit pas telle. Pour cela, elle se logea au cloître de Saint-Germain-l’Auxerrois, et le mercredy saint estant arrive', elle allaà une église qui estoit au bout de la ville pour ouïr les Ténèbres,qui s’y chantoient en grande musique. Elle y alla en litière,toutes les Princesses en carrosse, et un des capitaines des gardesdu corps à costé de sa litière. On luy avoit gardé une chapelleoù elle entra, pour estre ny trop pressée, ny trop en veüe.Mademoiselle de Guise estoit avec elle, et, tout le long de l’office,elle luy montra des lettres de Rome, par lesquelles on l’asseuroitque ce qu’elle de'siroit seroit bientost achevé. Fille luy fit aussyvoir deux lettres qu’elle avoit reçeües ce mesme jour du Roy, sypassionnées et sy pleines d’impatience de la voir Reyne, qu’illuy mandoit qu’il despêcheroit Du Fresne (i), un de ses secré-taires d’Fistat et qui estoit tout à elle pour avoir espouse' une deses parentes, afin de presser Sa Sainteté de luy permettre ce qu’ilestoit aussy bien résolu de faire sans cela.
Toute l’heure de la dévotion se passa en semblables prières.Quand le service fut achevé, elle dit à Mademoiselle de Guisequ’elle s’alloit mettre au lict, e't que puisqu’elle estoit là, elle laprioit de la venir entretenir, et là-dessus elle monta en litière etMademoiselle de Guise en carrosse. Fille se fit descendre chez laDuchesse, où, estant arrivée, elle la trouva qui se faisoit désha-biller, se plaignant d’un grand mal de teste. Aussitost il luy vint
(i) Pierre Forget, sieur de Fresne, secrétaire d’Ëtat.
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