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Tome I.
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LES DESSOUS DE L HISTOIRE

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en Hongrie, où le Turc faisoit la guerre, Madame de Villars chezelle, et le secrétaire en prison. Voilà comme il est fort dangereuxde donner des avis à son Maistre, quand il n’en demande pas !

Madame de Villars se priva de son amant, qu’elle aymoit fort,et fut renvoye'e chez elle avec honte, lorsqu’elle y vouloit lemoins aller, et se fit une mauvaise et très-puissante ennemie.

Durant ce tracas, la haine que la Reyne portoit à la Marquiseavoit fort paru, car, la tenant presque ruyne'e, elle n’avoitmanque' de travailler pour l’achever. Aussy furent-elles toujourstrès-mal depuis, et la Marquise luy rendoit tous les mauvaisoffices dont elle se pouvoit aviser, ce qui, bien souvent, faisoittant de rumeur dans la Cour, que cela rendoit la Reyne fas-cheuse. Mais il survint encore un autre de'sordre.

Le Roy eut avis que la Marquise avoit quelque intelligenceavec le Roy d’Espagne, et la chose passa sy avant, qu’elle futarreste'e, ainsy que le comte d’Auvergne (1), son frère, mais,pour ce que cela est de l’histoire, je n’en diray autre chose,sinon que Madame de Villars fut rappele'e et que le prince deJoinville revint.

Ce fut en ce temps-là que le Roy devint amoureux d’une jeunefille qu’il maria aussitost après, et puis d’une autre bien plusbelle (la comtesse de Moret, marie'e à M. de Ce'zy), qu’il mariaaussy, pour la retirer d’un lieu où elle estoit, estant d’accordavec le mary qu’il la quitteroit dès le soir de ses nopces, commeil ht.

Cependant, la marquise de Verneuil eut sa grâce. Cette nou-velle maistresse amusoit le Roy, et la Cour estoit fort calme. LeRoy maria Mademoiselle de Guise avec un prince de la Maisonroyale, et la Reyne contribua beaucoup à ce mariage.

Le Roy avoit reveu la Marquise, pour qui il avoit une grandeinclination, et cela s’estoit passe' sans que la Reyne le sçeut;mais sitost qu’elle l’apprit, ce fut un estrange trouble, et telqu’elle de'fendoit tout haut à toutes celles qui voudroient entrerdans son cabinet, de voir la Marquise, sur peine d’en estrechasse'es avec affront. Le Roy ne le trouva pas bon, mais il lefallut souffrir. Quelque temps après, le Roy devint amoureux dela duchesse de Nevers, princesse de grande vertu, et qui honoroitfort sa personne, mais qui faisoit peu de cas de sa passion. La

(1) Charles de Valois, comte d’Auvergne,