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Tome I.
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LICS DESSOUS DE E HISTOIRE

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retourne à sa place, il prononça l’arrest dont voicy la teneur :

« Le Roy, se’ant en son lit de justice, par l’avis des Princes de» son sang, autres Princes, Prélats, Ducs et Pairs et Officiers de» sa Couronne, ouy et ce requérant, son Procureur général, a« déclare' et déclare, conformément à l’arrest donné en sa Cour» du Parlement le jour d’hier, la Reyne, sa mère, régente de» France, pour avoir soin de l'éducation et nourriture de sa» personne et l’administration des affaires de son Royaume» pendant son bas âge. Sera le présent arrest publié et enregistré» en tous les bailliages et sénéchaussées, et autres sièges royaux» du ressort de ladite Cour, e: en toutes les autres Cours de» Parlement de son dit Royaume. Fait en Parlement, le i 5 e jour» de may, l’an 1610. »

Cet arrest fut prononcé solennellement, mais comme il estoitdéjà tard, le Roy et la Reyne, accompagnez des Seigneurs etPrinces du sang, se retirèrent au Louvre au milieu des cris dejoye et acclamations publiques d’une multitude de peuple, quiles environnoient de toutes parts. Leurs Majestez, depuis, for-mèrent le dessein de pourvoir à trois choses utiles et importantes,sçavoir : à la seureté de l’Estat, à la vengeance du feu Roy etaux honneurs qui estoient deus à sa mémoire.

Pour la seureté de l’Estat, il fut décidé au Conseil que lesgouverneurs des provinces et villes frontières, qui estoient venusprester serment à Leurs Majestez au Louvre, se retireroientsans différer chacun en leur gouvernement, pour empescher lestroubles que la nouvelle de l’accident arrivé au feu Roy pourroitv exciter. La Reyne manda à quelques Princes du sang, quiestoient absents de la Cour, de se rendre au plus tost auprès duRoy, son fils. Elle envoya Monsieur de La Varenne (1) auprès deMonsieur le comte de Soissons (2), qui estoit partv du Louvreavant le couronnement, pour luy annoncer la mort du Roy, sonSeigneur, et le prier de se rendre auprès d’elle le plus promp-tement qu’il pourroit. La douleur qu’il conçeut de cette tristenouvelle ne luy permit pas d’arriver plus tost que le 16 du mois ;Monsieur le duc d’Espernon et plusieurs autres Seigneurs furentenvoyez au-devant de luy par ordre exprès de Sa Majesté.

Le feu Roy, qui avoit procuré la paix au dehors de son

(1) Guillaume Fouquet de La Varenne.

(2) Charles de Bourbon.