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I.ES DESSOUS DE L'HISTOIRE
» monter à cheval avec leurs compagnies, et vacquer inces-» samment, chacun à l’exe'cution des présentes, tenir la cam-» pagne libre, assurer les chemins et courir sus à toutes sortes» de personnes entreprenant quelque chose que ce soit contre et» au préjudice des Édits de pacification et de la liberté et de» tranquillité publique, et leur enjoignant de quartier en quartier» d’envoyer les procez-verbaux de leurs diligences ès mains de» notre séneschal et féal le sieur de Sillery, à peine de sus-» pension, et, sy besoin est, de privation de leurs gages, car tel» est notre plaisir. En témoin de quoy, nous avons fait mettre» notre scel à ces dites présentes, données à Paris le 27 may» 1G10. Signé Louis. Sur le reply est escrit par le Roy, la Reyne» Régente, sa mère, présente. Signé de Loménie. »
Après que l’on eut pris toutes les mesures convenables pourassurer la couronne au jeune Roy successeur et arrester lestroubles, qui commençoient déjà à se former dans toutes les villeset places fortes du Royaume, la Reyne-mère ordonna qu’il seroitprocédé à l’instruction du procez de Ravaillac, et pour cet effet,elle envoya à l’hostel de Retz les sieurs président Jannin deLoménie, secrétaire d’Estat, et de Bullion, conseiller d’Estat,pour interroger ce malheureux coupable. Ils feignirent d’abord deluv dire que le coup qu’il avoit donné au Roy n’estoit pas mortel,et que s’il estoit vray qu’il fût mort de cette blessure et ce qu’ilpensoit devenir; il respondit assez fièrement qu’il sçavoit bienqu’il estoit mort, et que sy le coup estoit à faire, il le feroitencore.
Interrogé qui luy avoit inspiré un sy abominable conseil,
A respondu qu’il ne le déclareroit qu’à son confesseur et non àceux à qui la connoissance n’en appartenoit point; qu’il n’avoitpas de regret de mourir puisqu’il avoit exécuté son dessein, qu’ilavoit mesme esté poursuivv pour un autre meurtre, dont Mon-sieur Sanguin, conseiller au Parlement, avoit esté rapporteur deson procez. Un autre Conseiller luy dit sur ce sujet que c’eûtesté un grand bien pour la France et pour luy-mesme, s’il eûtesté puny dès ce moment-là, parce qu’il n’auroit pas attenté surles loix du Seigneur et donné la mort à un Roy très-chrétien.En riant, il respondit que c’estoit la question de sçavoir s’ilestoit véritablement Roy très-chrétien, car s’il eût esté, dit-il, telcomme on le supposoit, il eût fait la guerre aux sectateurs de lareligion prétendue réformée qu’il prote'geoit. Les archevesques