Band 
Tome I.
Seite
312
JPEG-Download
 

3l2

LES DESSOUS DE L HISTOIRE

seulement par des paysans sans ordre et sans expe'rience, et quin'avoient jamais faict ung seul retranchement pour se mettre endeffense. Les ennemys, qui y sont avecq une bonne armée, s’yfortifient à bon escient. J’en donne advis au Roy par mes dé-pesches, que Monsieur de La Vrillière vous fera voir, sy vousl’avez agréable. Ceste affaire me'rite grande considération, et j’aysubiet d’appréhender que ceste province, où nous n’avons pasung seul homme de guerre en troupes réglées pour la deffendre,et ceste frontière dont toutes les places sont en très-mauvaisestât, ne donnent envie aux ennemys d’y entreprendre quelquechose. C’est à Sa Majesté d’y pourveoir, s’il luy plaist, et àMessieurs de son Conseil, par les moyens que j’ay proposez.Pour moy, je n’ay d’autre but que d’achever ce qui me rested’années pour le service de Sa Majesté : il est vray que depuisquelque temps mes forces sont tellement diminuées, que je nepuis agir que fort peu. Je feray néantmoins tout ce qui me serapossible pour ne demeurer pas entièrement inutile. Je voussupplie de me continuer tousiours la faveur de vos bonnesgrâces, et de croire que vous ne la ferez jamais à personne quisoit sy véritablement que moy, »

Monsieur,

vostre très-humble serviteur, et plus affectionné,

Louis de La Valette.

A Dax, le vi e novembre i636.

LETTRE DU DUC DE LA VALETTE (i)Monsieur,

Les aigreurs et animositez de ce Parlement s’augmentant tousles jours contre moy (ce que je ne puis éviter, y ayant mille oc-casions dans lesquelles je suis obligé de servir le Roy contre lessentimens de ceste Compagnie), me font recourir à vous, Mon-sieur, pour vous supplier, comme je le fais très-humblement, devouloir mettre à couvert mes domestiques de leur persécution par

(i) Dossier n° 107, tome II, pièce 28.