CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 3x9
point esté excédé, et que sy cela se trouve dans les Séneschausséesparticulières, il est aysé d’y pourveoir. Je dis le mesme pour lesbleds qui n’ont pas encore esté entièrement reçeus, et qui setrouvent entièrement nécessaires et non pas suffisans avecq les600 muids que le sieur Montauron doibt fournir pour tout lemois d’aoust. Pour les foins, sur la proposition qu’en faict lesieur S'-Jehan Pouch, gentilhomme d’Armagnac, à Monsieur deBiscarros, il fut convenu avecq luy, au mois de febvrier dernier,qu’il en fourniroit 24 mil quintaux, qui seroient payez sur lesdeniers imposez par le Roy pour la’ subsistance de l’armée, à10 sols le quintal pris sur le lieu, et à 2 sols par lieue de voiture,mais le traitant n’ayant peu en fournir que 1,200 quintaux, lesurplus est demeuré sans exécution. Pour les aveines, Monsei-gneur, dès le 23 octobre dernier, la noblesse d’Armagnac ayantesté mandée à Bayonne et ne s’y trouvant point d’aveine, le sieurLa Baune, receveur des tailles d’Armagnac, s’offrit d’en fairerecouvrer 2,000 sacs sur les comtés d’Armagnac, rendus au Mont-de-Marsan, et le 26 novembre dernier, sur le lendemain, ce mesemble, dont le despartement luy fut laissé, tant à cause de lapresse de ceste saison-là, que parce qu’il est estimé homme debien et plus pratique que nul autre en cela. Néantmoins, aumois de febvrier, ayant trouvé que son commis n’avoit que 4 ou5oo sacs au Mont-de-Marsan, je lui escrivis de faire plus dedebvoir, et demanday mémoire au sieur S'-Jehan Pouch, sonennemy, pour l’y convaincre de malversation, ce qui ne m’apoint esté justifié du depuis, et aussy, parmy une infinité d’autresaffaires, je n’ay point poursuivy ceste pointe. Ce qu’il a envoyédu depuis d’aveines, ainsy que les foins, a esté donné aux gens-darmes et à la cavallerie de ceste armée, Monseigneur, endéduction de leur paye, et quelque peu aux officiers de l’arméeen déduction de leurs appointemens, avecq plus de mesnagequ’on ne se peut représenter. En effet, Monseigneur, pour lesgensdarmes et chevaux-légers, ce peu, avecq le pain de munitionet les rations de viande et cidre qui ont esté fournis aux chevaux-légers pendant trente-trois jours, est cause qu’il leur reste encoredeu quelque chose de la subsistance qui leur estoit assignéesur la province pour trois mois seulement, qui sans cela seroitconsommée dès le 24 e de ce mois, ce qu’ayant escrit par lemenu diverses fois, j’ay peyne à m’imaginer que l’on aye euceste pensée dans l’instruction, et compris qu’il y avoit préiudice