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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 321

ticulièrement en moy pour ceste affaire, je suis encore obligé devous représenter qu’ayant considéré l’estât du recouvrement, jetrouve que quand toutes ces autres considérations cesseroient, ilseroit impossible de se rien promettre d’approchant, soit par legénéral, soit par le menu, du cinquiesme ou sixiesme que l’onpropose, car en général, Monseigneur, je trouve que les taxes desvilles de Bourdelois, Agenois, Périgord et les Lannes montentplus de 1,400 mil esc.us, oultre ce qui regarde Xaintes et Coi-gnac. Or, je n’estime point que quand tous ceux qui doibventcontribuer considc'reroient de rembourser ceste somme, je puissel’assembler dans ceste province. Aussy, Monseigneur, sur cepied, y comprenant l’autre moitié du plat pais, ce seroit en-viron 3 millions de livres que l’on se promettroit de ces quatreEslections. Or, je ne vois point que toutes les marchandises etdenrées qui sortent de la province y puissent apporter cestesomme, car je ne sçache que du seul Bourdelois qu’il sort en-viron 5o mil tonneaux de vin, lesquels, à 20 escus le ton-neau, feroient bien 3 millions de livres, mais les Anglois quiacheptent en payent la plus grande partie en marchandises deleur pais, et pour l’argent qu’ils promettent, on n’en repçoitjamais qu’une fort petite partie; à la fin, le reste demeure encrédit. D’ailleurs, les propriétaires sont obligez de réserver lamoitié ou le tiers pour le moins de l’entière valeur, pour fairecultiver les vignes de l’année suyvante, et ce qui leur reste doibtservir pour toutes les autres choses nécessaires de la vye, car ilest notoire que, hormis les vins, le Bourdelois achepte tout lereste d’ailleurs. Pour les autres Eslections, toutes ensemble,Monseigneur, il ne leur vient pas tant d’argent qu’au Bour-delois, mais aussy ont-elles les autres choses nécessaires pluscommodément, car de l’Agenois, des Lannes et du Périgord,je n’estime pas qu’il sorte plus de 6 à 8 mil tonneaux de vin,puisque de tout le haut pais ensemble il n’en passe que 10 ou12, et le prix en est moindre. La vente de leurs bleds, voiremesme le transport de quelques denrées, cesse par l’interdictiondu commerce en l’Espagne, et au lieu de cela, vous sçavez,Monseigneur, les charges extraordinaires de passages, logemenset entretènemens de gens de guerre, auxquelles à peyne peuvent-ils suffire. Voilà pour l’emprunt considéré en général.

En particulier, il n’y a aucune taxe sur laquelle il n’y ayebeaucoup à dire, et il ne s’en peut presque trouver aucune d’ap-

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