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Tome I.
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LES DESSOUS DE l’hISTOIRE

prochant. Je vois, dès la première page, que l’on faict une villeet faubourg en la terre d’Ambarès, où je n’en ay point veu, quel’on taxe à 6 mil escus, et tout le reste se peut examiner de lasorte. Je me contenteray de vous représenter, pour les villescapitales, s’il y a apparence de demander 400 mil escus à Bour-deaux, où, pour le payement de 450 mil livres de debtes légi-timés, le Parlement destourne tous les jours par ses arrests lesdeniers de l’Hospital, et dans les tesmoignages qu’ils avoientdonnez cy-devant de quelque bonne volonté' pour le service duRoy en ceste occurence dernière, lorsqu’il en fallut seulementtirer 5 mil escus, il fut impossible, et le Parlement mesme yapporta obstacle par son arrest, dont j’escrivis dès lors. Bayonneest taxe' à 60 mil escus, et jamais il n’y a esté payé tailles, et ilsont présenté au Roy ung cahier de 120 mil escus de despensespour son service, dont Sa Majesté leur a promis le rembour-sement, et n’y ayant peu trouver de l’argent pour les chosesplus nécessaires, il a fallu s’engager pour eux. Voire mesme,je vous puis asseurer, Monseigneur, d’avoir depuis ung moisfaict prester 100 escus du mien, pour empescher le desban-d'ement du régiment de Béarn, en quoy je n’ay pas voulu quemon nom parust, pour ne les y point accoustumer. Tant s’enfaut que l’on leur puisse seulement proposer aucun emprunt,sans en hazarder davantage la perte pour le service du Roy,que sy les ennemys y avoient faict triomphe. Je dis le mesmepour toutes les villes de ceste province. Pour les 80 mil escussur Agen, Monseigneur, il me semble que leur massacre de i633est assez récent pour 2 escus sur cabaret, aussy bien que les80 mil livres de Pe'rigueux, où jamais ceste somme n’a estéassemblée, sinon dans la recepte du Roy; et de plus, on voitque la seule crainte les en a faict soublever à présent, ou dumoins le menu peuple, assisté soubz main de quelques autres,en a donné le bransle. Je crains, Monseigneur, de vous proposertoutes ces choses avecq trop de liberté, mais j’estimerois malservir le Roy, et estre indigne de l’employ dans lequel il vousplaist me tenir, sy je ne vous donnois compte de tout cecy parle menu, affin qu’il n’y soit pas faict de fondement; et sy ceuxqui ont informé Messieurs du Conseil de ceste sorte qu’ils ontfaict de l’estât de ceste province, prenoient la peyne d’y venireux-mesmes et y agir, j’entends possible le sieur de Montauron,ils verroient, Monseigneur, l’apparence qu’il y peut avoir. Je