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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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y satisfaire, et nous prierons Dieu pour vostre prospe'rite', commeestant,

Monseigneur,

vos très-humbles et très-obéissans serviteurs,

De Monneins, H. de Massip.

A Bourdeaux, ce xm juin 1637.

LETTRE DU DUC DE LA VALETTE (1)

Monsieur,

Quoyque je n’aye pas repris toutes mes forces, et qu’à monâge il ne soit pas fort facile de revenir d’une sy grande maladieque a esté la mienne, je me fais néantmoins effort de servir leRoy dans ceste rencontre d’affaires, et ayme mieux hazarder cepeu que j’ay de santé que de desnier mes soins aux choses quise présentent. Je m’asseure, Monsieur, que vous avez sçeu ceque mon fils, le duc de La Valette, a très-heureusement exécutéen Agenois et Périgord, et comme il a par ce moyen dissipé laplus puissante faction qui se soit formée, il y a longtemps, dansl’Estat par ung soublèvement des peuples, sans que pour celales ennemys ayent profité en quoy que ce soit de nos désordres,par le bon ordre qu’il avoit laissé dans l’armée, premier que des’esloigner de la frontière. Le mauvais succez qu’ont eu lespeuples leur a véritablement osté leS armes des mains, mais nonpas la rage, ny la mauvaise volonté du cœur, non plus que lesdiscours téméraires et séditieux de la bouche, de sorte qu’estanten cest estât, je n’ay garde d’implorer la grâce, ny la clémencedu Roy en leur faveur. J’estime, au contraire, qu’il est très-nécessaire de les tenir en crainte, de menacer ceux qui ont faillyou qui manqueront désormais à leur debvoir de la confiscationde leurs biens et razement de leurs maisons, et d’en faire une

(1) Dossier no 107, tome II, pièce 59.