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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
commission expresse, car ceste re'volte estant favorisée deplusieurs personnes de condition, et qui ont quelque chose àperdre, il y aura peut-estre moyen de les contenir par ces peyneset les empescher de retomber dans leurs premières fureurs. Jepropose mon sentiment selon la passion que j’ay pour le servicedu Roy. Vous adviserez par vostre prudence, Monsieur, ce qu’ilsera plus expédient de faire dans ceste rencontre, qui est une desplus importantes et des plus dangereuses qui se soient offertes,il y a longtemps, et que nous debvons principalement à l’im-punité des peuples de Xaintonge.
Je ne sçays sy on est encore en humeur au Conseil de fairepresser les emprunts des villes, mais bien que j’en tiens laproposition très-dangereuse et l’effet du tout impossible, j’estimeque la personne la moins propre qu’on pourra choisir pour cestecommission est Monsieur de Verthamon, qui a esté nommépour la Ge'néralité de Bourdeaux. Les divers employs qu’il y aeus pour le service du Roy luy ont attiré tant de haine etd’envie, oultre ce que son employ luy en donne (le commettant,comme vous sçavez, très-souvent avecq Messieurs du Parlement,qui ne souffrent pas volontiers Messieurs les Intendans de jus-tice), qu’il seroit du tout impossible, quand mesme il auroit àproposer des choses agréables, qu’il feust escouté, ny qu’ellesl'eussent bien reçeües, venant de sa part. Je vous laisse penserce que ce seroit de l’affaire la plus odieuse qui sera jamaisproposée. Il en arriverait sans doubte beaucoup de malheur, etpour les affaires du Roy, et pour sa personne particulière, ceque je ressentirais avecq ung extresme desplaisir. Oultre cesconsidérations, il y a celle des services qu’il rend à l’armée, danslaquelle il est tellement nécessaire, que je le tiens pour ung desplus asseurez moyens de sa subsistance, ses soins, son économie,sa vigilance estant tels, que je ne les sçaurois assez loüer. Cesraisons m’obligent à vous supplier très-humblement, Monsieur,de le vouloir descharger de ce malheureux employ. Il y a fortlongtemps que je vous en aurais faict la prière sans ma maladie,mais les choses sont encore dans leur entier, et je ne doubtepoint que recognoissant la vertu et le mérite de cest honnestehomme, qui a l’honneur d’estre aymé de vous, Monsieur, partant de justes raisons, vous ne preniez le soin de le desgagerd’ung sy mauvais rencontre. Il vous en sera très-obligé, et movautant que luy-mesme. Aussy vous asseurerai-je que pour l’acquit