CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 33q
Majestez ont donné ces jours passez, ne m’obligeast pas à arresterla Commission et sa suitte, après en avoir tant souffert, je nel’entreprendray pas toutefois que je ne sçache sy mon actionseroit approuvée à la Cour, mais de vous, Monseigneur, parti-culièrement. Sy j’estois assez heureux pour obtenir vos ordres etvos commandemens sur ce subiet, ce me seroit une très-grandeconsolation, vous protestant que je m’y conformeray avecq unesoubmission parfaite et absolue. Que s’il plaisoit à Leurs Majestezde faire voir à ceste Compagnie leurs bras levez pour les chastier,je ne doubte point qu’ils ne plyassent aussitost, car les Gascons,à moins que de voir le baston et le coup prest à frapper, diffici-lement se réduisent à la raison, lorsqu’ils ont une fois pris l’essor.C’est ce que j’ay osé prendre la liberté de vous représenter, voussuppliant très-humblement de croire que personne n’est pluspassionnément que moy,
Monseigneur,
vostre très-humble et très-obéissant serviteur,
De Montauban, ce i 5 juillet 1643.
Charreton.
LETTRE DE M. DE LAUVERGNE (1)Monseigneur,
Je n’aurois point entreprins de vous informer, par ceste lettre,du désordre qui est survenu en ceste ville touchant les funéraillesdu Roy deffunt et de la honte que la Justice et tous les Corpsont soufferte par la mauvaise conduite de l’ung des grandsvicaires de Monsieur de Bazas, qui en craint l’événement, sy jene sçavois que Monsieur de Bazas mesme, se prévalant de labienveillance de Monsieur de Beauvais, a tasché de faire grandbruit contre le Présidial de ceste ville, pour mettre à couvert lesfaultes de son grand vicaire, qui ne peuvent estre excusées quepar une grâce toute particulière-, et affin, Monseigneur, quevous puissiez estre informé de la vérité, je vous diray, aussy
(1) Dossier n<> 114, tome III, pièce 58.