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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

briefvement qu’une affaire de ceste nature le peut permettre,qu’ayant este' donc question de faire en ceste ville les honneursfunèbres du Roy deffunt, suyvant les ordres envoyez de la Cour,qui portoient pre'cise'ment que l’on observeroit les mesmes ce'ré-monies qui furent faictes ès obsèques du Roy Henry quatriesme,l’on fit voir au grand vicaire de Monsieur de Bazas les registres del’Hostel de ville, qui furent appuyez des tesmoignages des anciensbourgeois, par où il se voyoit que, lors des fune'railles de Henryquatriesme, le cierge estoit venu prendre le convoy au Palais;et nous passasmes plus avant, car nous luy offrismes que s’ildoubtoit de la fidélité de preuves sy authentiques, nous nousen remettrions à la foy des registres du Chapitre. Comme cestesprit chatouilleux et vain vit qu’il ne pouvoit plus disputer lacoustume, il promit de venir au Palais et d’y faire rendre lecierge', mais il de'sira adiouster aux anciennes ce're'monies unenouvelle, qui estoit de faire estendre dans la salle du Palais ungcercueil vuide couvert d’ung drap mortuaire, comme il avoit este'faict dans quelques villes de province, parce que, disoit-il, ilvouloit re'parer la foiblesse de ses pre'de'cesseurs, d’autant ques’il faisoit aller le clergé au Palais, sans qu’il y eust quelquecercueil, l’on croiroit que le clergé s’estoit rendu au Palais pourhonorer la Justice du Roy et personnes de ses officiers, et qu’aucontraire y ayant ung cercueil, il représenteroit le corps du Roydeffunt, et que de plus ce cercueil estoit de la bienséance pourfaire les encensemens et autres cérémonies prescrites par le céré-monial. A quoy il luy fut respondu qu’il n’estoit pas questiond’entrer dans le mespris de la Justice du Roy, que l’on nesçauroit trop honorer; qu’il falloit seulement, suyvant la volontédu Roy aujourd’huy régnant, observer les anciennes formes quiavoient esté pratiquées en pareilles rencontres, et que pour lesencensemens dont il parloit, il suffisoit de les faire dans l’église,aux environs du cercueil que l’on met soubz la chapelle ardente,comme il a esté faict du depuis à Bourdeaux, et finalement, quecomme toutes les villes de province ne suyvoient pas nos cous-tumes, il ne debvoit pas désirer que nous suyvissions les leurs.A toutes lesquelles raisons nous adioustasmes ceste dernière, ques’il falloit porter ce drap mortuaire par la ville, comme il avoitesté faict dans quelques villes desquelles il alléguoit l’exemple,il y arriveroit de la difficulté entre les Officiers du Présidial etles Jurats qui prétendroient porter le drap, ce que nous ne