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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
portées, ainsy que nous a dénoncé et requis acte de nous FrançoisPécot, garde de la dite tour, et ayant charge d’y entretenir le feude nuit, aussy bien que la lanterne, à laquelle il dit ne pouvoirplus monter pour y allumer le dit feu, à cause qu’elle est toutecrevassée et rompue. Mais s’il est différé ung an à y pourveoir,la mer, qui rompt en cest endroit plus qu’en lieu du monde, ytrouvant de l’ouverture, fera sans doubte ung desgât estrangequi coustera beaucoup à réparer, et c’est à craindre qu’elleentraisnera tout le bastiment. La perte en serait inestimable,tant pour la noblesse et la magnificence de la structure, quepour les pertes et naufrages infaillibles des négociants subietz deSa Majesté et estrangers, sy leurs vaisseaux sont privez de laguide de ce feu, lorsque le vent les portera de nuit à l’entrée dela rivière. Le péril et le risque qui s’en ensuyvroient pourraientrefroidir le commerce et rebuter les marchands, en sorte que lesfermes du Roy en recepvroient une notable diminution. C’estpourquoy, Monseigneur, nous supplions Vostre Grandeur d’yavoir esgard et de faire en sorte que Sa Majesté ordonne lefonds nécessaire à la réparation et entretènement de ceste pièce,qui est très-importante à ses intérests et revenus, et au salut etbien général de toute ceste grande province, tous les habitansde laquelle vous auront une obligation immortelle, s’il vousplaist interposer vostre pouvoir et authorité à ce que la mainsoit mise au plustost à l’œuvre de ceste restauration. Et nous quiles représentons et prions pour eux et pour la seureté de leursfortunes, tascherons en toutes occurences de vous en marquerune parfaite recognoissance par l’obéissance et le service quevous vouent et promettent,
Monseigneur,
vos très-humbles et très-obe'issans serviteurs,
Les Jurats gouverneurs de la ville de Bourdeaux.
Delavau.
A Bourdeaux, ce 19 mars 1646.