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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

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LETTRE DU DUC D’ÉPERNON (i)

Monsieur,

Voyant ce Parlement sur le point de chercher quelque satis-faction pour l’inte'rest des Officiers qui le composent et craignantqu’ils prissent quelque résolution importune, je leur ay faictoffrir mon entremise vers Sa Majesté et Messieurs les Ministres.La proposition en fut faicte mercredy dernier par Monsieur lepremier Président, en haine duquel on m’a faict entendre qu’ellene feust pas acceptée sur l’heure mesme, mais qu’on rernist à endélibérer aujourd’huy en l’Assemblée des Chambres. Il y eutlongue contestation et de rudes paroles entre le dit premierPrésident et le président de Gourgues et quelques-ungs desEnquestes, èsquelles j’av sçeu qu’on avoit pris aujourd’huy ré-solution de se plaindre ès Chambres assemblées de ces paroles,que les Enquestes révoquoient à injure. La cognoissance de cedessein a porté les parens et amis du dit sieur premier Présidentà tascher de le rompre, et, n’en pouvant divertir les Enquestes,à se retirer avant qu’on s’assemblast, et leur retraite et absencea donné suitte aux autres Officiers, qui se sont assemblez, de nedélibérer pas, mais de remettre, après la feste, à opiner sur l’offrequi leur a esté faicte de ma part. On m’adverdt que Monsieur lepremier Président a résolu de prier qu’on luy envoyé de la Courpouvoir d’empescher l’assemblée des Chambres, soubz prétextequ’on y veut proposer quelque chose contre le service du Roy.Je ne juge pas à propos qu’on luy donne pour cest effet autrepouvoir que celuy qu’il a par sa charge. Ceste deffense augmen-teroit la haine qu’on luy porte et aigriroit des esprits que nousvoulons adoucir, et feroit le contraire de ce que nous désirons.Ceux qui se verroient maltraitez de la Cour, au mesme tempsque je tasche à les retenir avecq civilité et à les empescher dese joindre aux autres Cours souveraines, pourroient se laisseremporter par despit aux sollicitations qui leur sont faictes d’ail-leurs. J’espère que par des remèdes plus doux et en leur accordantquelque satisfaction raisonnable, nous gaignerons davantage surces Officiers, et je ne voys aucun subiet de craindre qu’on prenne

(i) Dossier n° 87, pièce 14.