CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER
en ce Parlement des re'solutions contre le service du Roy. J’aycreu, Monsieur, debvoir vous donner advis de cest estât deschoses et de mon sentiment, dont je serais tousiours bien sa-tisfaict, s’il est conforme au vostre, que j’estime infiniment etpour la juste persuasion que j’ay de vostre sagesse et pour lede'sir que j’ay de vous plaire et d’estre cogneu,
Monsieur,
vostre très-humble et très-affectionne' serviteur,
Le duc d’Espernon.
De Bourdeaux, ce 29 may 1648.
LETTRE DE M. DUBERNET (1)
Monseigneur,
Il est vray que ceste union du Parlement de Paris avecq lesautres Cours et les divers bruits qui courent des deliberationsqui s’y prennent ont imprimé de deçà cest esprit d’union. Pourrompre et esloigner ces pensées, j’assemblay les Chambres, lea 5 de ce mois, pour leur porter une proposition de Monsieurd’Espernon, par laquelle il s’offroit de s’entremettre près deLeurs Majestez pour nostre Compagnie, non-seulement pourla continuation du droit annuel, en quoy leur intérest estoitcommun avecq les autres Cours, mais aussy en particulier pouravoir la diminution du pied et de l’évaluation des offices, suyvantla promesse autrefois faicte, comme encore pour destourner lesmenaces de la distraction de nostre ressort en faveur du Par-lement de Pau. Après avoir longuement débattu sur l’acceptationde ces offres, à quoy toute la Grand’Chambre, à la réserve d’ungConseiller et de quelque Président, inclinoit, il fallut remettrela délibération au mercredy 27. Le 28, les billets séditieux, dontj’ay envoyé copie à Monsieur de La Vrillière, ayant esté affichez,il fallut néantmoins tenir l’audience, affîn que le peuple ne creustpas que nous estions estonnez ou allarmez, et, à la fin de l’au-dience, nous délibe'rasmes et donnasmes commission à Monsieur
(1) Dossier n° 114, tome V, pièce 67.