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Tome I.
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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE

le Procureur géne'ral pour informer, et l’envoyasmes vers Mon-sieur d’Espernon pour sçavoir s’il voudroit venir ce matin auPalais pour délibérer plus amplement, ce que le dit seigneurn’ayant pas juge' ne'cessaire, nous avons donné arrest contre lesautheurs de ces billets et contre les assemblées factieuses. Cefaict, nous avons assemblé les Chambres à neuf heures, selonla coustume, mais nous avons trouvé que la première Chambredes Enquestes s’estoit retirée, sauf les deux Présidens et deuxConseillers, lesquels estant entrez dans la Grand’Chambre, lePrésident ancien a représenté l’absence de toute la Chambre, ets’est opposé à ce que l’on continuast la délibération, protestantde n’y opiner point et de se retirer avecq les autres, commel’heure estant passée et leur horloge allant plus viste que lesautres. Alors, il a esté forcé de remettre la délibération et d’en-voyer deux Conseillers de la Grand’Chambre vers Monsieurd’Espernon pour luy faire entendre la raison pour laquelle nousn’avions peu résoudre la response à sa proposition. Vous voyezassez par ce procédé, Monseigneur, la disposition de nos esprits.Ce que nous avons profité pourtant, c’est que nous avons gaignéjusques après les festes, et esloigné les propositions que Mes-sieurs des Enquestes ont à faire. Je mesprise celle de l’unionmanifeste, parce qu’ayant esté avancée par aucuns d’eux et parung de nos jeunes Présidens, j’ay protesté hautement que jamaison n’y délibéreroit, et qu’on me mettrait plustost en pièces. Ilsse retranchent à une union taisible, en faisant ce que le Par-lement de Paris doibt faire par la voye des remonstrances. Cesremonstrances sont de deux sortes, ou générales et pour le bienpublic, ou particulières pour la révocation des levées que fontles alternatifs et triennaux des consignations et des saisies réelles,en vertu des ordonnances de Monsieur de Lanson données ensuitte des arrests du Conseil, attendu que les Édits ont estérefusez au Parlement. Sur ces remonstrances, je vous diray,Monseigneur, que j’emploieray toute mon industrie et tout lepouvoir que le Roy m’a donné, pour rompre ou du moins pourembarrasser ce dessein, qui regarde le général et le bien public,dont il ne peut arriver que beaucoup de mal, principalementdans la conjoncture où nous sommes. Mais pour les remons-trances touchant les consignations et les saisies réelles, je nesuis pas assez fort pour l’empescher, je dis remonstrances avecqdeffenses. Vous jugerez, Monseigneur, s’il-sera à propos de m’en-