Band 
Tome I.
Seite
417
JPEG-Download
 

CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER 417

retirant d’icy le convoy; et s’ils avoient par cest arrest donne'subiet au peuple de s’esmouvoir contre l’authorité du Roy, j’ayproteste' du mal qui pourrait arriver. J’ay de'clare' que je vouloissortir de l’Assemblée, sy elle prenoit ceste mauvaise résolution.J’ay adverty, exhorté et prié; j’ay menacé en quelque sorte etn’ay rien oublié de ce qui se pouvoit dire, jusques à interrompre,diverses fois ceux qui parloient avecq plus de vigueur contremon sentiment. Enfin, plusieurs sont revenus et j’ay obtenu,mais d’une seule voix sur les autres, qu’on sursist ceste délibé-ration et qu’on me donnast le loysir et à Monsieur le premierPrésident de pouvoir advertir le Roy et son Conseil de l’estâtde ceste affaire, et recepvoir sur ce subiet les ordres de Sa Ma-jesté; que cependant des députez du Parlement, avecq les gensdu Roy, se trouveraient ung jour à Puipaulin, où nous exami-nerions, avecq les commis du convoy, le tiltre des droits qu’onprétend estre mal exigez, et les obligerions à consentir de ne paslever ce dont ils recognoistroient eux-mesmes qu’ils n’ont pointde tiltre valable. J’envoye ce gentilhomme exprès pour informerSa Majesté de ceste affaire et pour la supplier très-humblementde nous donner sur ce subiet l’honneur de ses commandemens.Il n’y a pas de doubte que le peuple désire infiniment estre sou-lagé de ceste charge; qu’elle a esté premièrement imposée pourtirer une subvention de bien aisez sur ceste ville; qu’elle se lèveà présent sans vérification, et qu’il est malaisé, ou plustost qu’iln’est pas possible d’empescher que ce Parlement ne donne arrestpour la supprimer, s’il ne plaist à Sa Majesté y donner ung autreordre, et que le peuple suit en ceste rencontre les mouvemensdu Parlement. Je vois d’ailleurs les nécessitez de l’Estat et desfinances du Roy, et ne me mesle pas de donner advis, maisbien de suyvre ponctuellement les ordres du Roy, que je voussupplie, Monsieur, de nous envoyer au plus tost par le retourdu baron de Talanges. Cependant, pour empescher et prévenirles impressions que de mauvais esprits pourraient donner aupeuple de ceste ville que je m’oppose, et mes amis, à sa des-charge et à son soulagement, j’ay tasché de rendre les Jurats,les Juges de la Bourse, et les principaux habitans que j’aj rmandez, capables de comprendre et de faire entendre aux autresbourgeois qu’ils ne doibvent attendre aucun véritable soulagementque du Roy, et que ceux qui leur en présentent sans ceste au-thorité ne peuvent tenir ce qu’ils promettent, et les jetteraient

27