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LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
en des confusions et des périls irréparables, sy on suyvoit leurssentimens.
J’ay oublié à vous marquer cy-dessus, Monsieur, que pourn’opiner pas sitost sur la déclaration du Roy qui a esté envoyéeau Parlement, on a dit que le Parlement n’avoit point reçeu delettres du Roy, comme c’est la coustume quand il reçoit desdéclarations ou Édits de Sa Majesté. Quelqu’un a remarqué quela Cour des Aides a reçeu une lettre du Roy pour vérifier ladéclaration, et n’a pas reçeu la déclaration, au contraire duParlement, auquel on a rendu la déclaration sans lettre du Roy,ce qui peut avoir esté faict par l’inadvertance d’ung commis deMonsieur de La Yrillière, qui a mis l’inseription pour la Courdes Aides à la lettre qui avoit esté escrite pour le Parlement.
Des députez de Villefranche de Rouergue me sont venus prierce matin, de la part de la dite ville et du Présidial qui y est, deles favoriser en suitte de l’arrest que le Parlement de Tholousedonna, le 4 de ce mois, pour supprimer le Présidial de Rhodez,aussy bien que ceux de Privas et de Limoux. Je leur ay déclaréque, sans autre authorité du Roy, l’arrest du Parlement de Tho-louse leur seroit inutile; qu’il leur pouvoit fournir quelque pré-texte de s’adresser au Conseil pour représenter les griefs qu’ilsavoient reçeus en l’érection du Présidial de Rhodez et y proposerles expe'diens qu’ils avoient de dédommager ces nouveaux Officiersou faire la condition du Roy meilleure; que je favoriserois ceuxqui seroient maintenus par le Roy. Je vous envoyé la copie qu’ilsm’ont donnée du dit arrest, qui pourra servir de modèle à ceParlement contre les Présidiaux de Marennes et de Libourne, àla sollicitation des Présidiaux plus anciens, du retranchementdesquels on a composé ces nouveaux. Il est fascheux que lesParlemens entreprennent de casser ces institutions de nouveauxsièges, mais ceste guerre d’Officiers présidiaux ne touche pas lepeuple, auquel il est souvent indifférent d’estre jugé par les ungsou les autres, et se doibt enfin terminer au Conseil. Je voussupplie de conserver l’honneur de vos bonnes grâces,
Monsieur,
à vostre très-humble et très-affectionné serviteur,
Le duc d’Espernon.
De Bourdeaux, ce 18 d’aoust 1648.