LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
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celuy de Paris. Ceux de ceste province ont este' maltraitez detailles et impositions, et de gens de guerre, et sont d’ung naturelplus prompt et plus remuant que les autres. Ceux qui debvroientmode'rer leur chaleur et leur monstrer l’exemple et la loy del’obe'issance et du debvoir les inspirent au contraire et lesaniment davantage. Les Parlemens se persuadent que leur causese de'cide en celle du Parlement de Paris, et comme ils sontpuissans et establis pour rendre la justice, il est malaise' defaire entendre au peuple que ce qu’ils approuvent ne soit pasle'gitime, veu mesme qu’ils l’inte'ressent par leurs arrests quiostent les impôts et veulent faire croire qu’ils ne sont en lahaine du Conseil et en peyne, sinon pour le soulagement et lacause du peuple, qu’ils pre'fèrent à tous leurs inte'rests.
Vous avez appris d’ailleurs les arrests donnez au Parlement deTholouse pour engager la ville et tout le pais à leur deffense et àmaintenir leur authorite', et comme le ressort de ceste Compagnies’estend en une grande partie de ce gouvernement, ils y font ai-se'ment passer leurs inclinations et leurs affections. Ce Parlementtoutefois, j’entends celuy de Bourdeaux, nous donne plus depeyne.
Après les nouvelles de la sortie du Roy et de l’approche de sestroupes et de l’armement de Paris, ils mirent icy en de'libe'rationd’arrester les deniers ès recettes du Roy. On leur fit cognoistrede ma part qu’ils donneroient ung arrest sans effet et qu’on avoitmis ordre à ce qu’ils ne trouvassent point d’argent ès recettes, età ce que Sa Majesté' ne peust estre sy aise'ment prive'e de cesecours.
Ils sçeurent que le Roy avoit donne' des passeports pour latraite de quelque quantité' de bleds; ils ordonnèrent, ce qu’ilsn’ont pas accoustume' de faire, qu’on leur pre'senteroit les pas-seports pour les examiner. J’empeschay qu’on les pre'sentast,jugeant bien ce qu’ils vouloient faire, qui est gaigner le menupeuple de ceste ville en deffendant la traite et nous le mettre surles bras, sy nous voulions, au pre'iudice de leur arrest, fairevaloir les passeports du Roy. Ils cherchèrent ung autre moyende nous embarrasser, et proposèrent d’exterminer la Cour desAides et de s’emparer du Palais où elle rend justice, et desregistres et actes de son greffe. La Cour des Aides eust apporte'résistance; chacun eust employé ses amis; la ville eust estépartagée et toute en armes; la Compagnie la plus grande eust