CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER
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estouffé la moindre contre l’authorite' du Roy, et nous eussionsveu la sédition commencée par l’authorité du Parlement. Jedonnay ordre que le Parlement ne peust employer en cesteoccasion les armes de la ville; ils résolurent de ne rien entre-prendre et de remettre la délibération touchant la Cour des Aidesen une autre saison. Ils ont tesmoigné de la douleur et se sontplaints de moy, comme sy j’avois supporté contre eux la Courdes Aides, bien qu’en ce rencontre je n’aye point eu d’autrepensée que de maintenir l’authorité du Roy et éviter le désordreen ceste ville. Ils ont du depuis donné arrest qui casse l’impc-sition de quarante sols sur chasque tonneau de vin descendantdu haut païs, de quatre livres sur chasque tonneau de vinaigreet de sept livres sur chasque tonneau d’eau-de-vie, laquelle avoitesté establie par mesmes tiltres que les deux escus pour tonneaude vin Bourdelois, qu’ils deffendirent de lever par leur arrest duquatre de septembre dernier. Ils ont eu deux visées en donnantcest arrest : l’une, de gaigner l’affection des peuples du haut païs,qui avoient subiet de leur reprocher qu’ils n’avoient soin que deleurs propres inte'rests et du païs Bourdelois; l’autre, de metenter et me provoquer à faire sortir le convoy de ceste ville,affin que le bourgeois s’esmeust et que le peuple du haut païsme voulust mal, comme à ung enneniy de son bien. Et le Par-lement avoit occasion de croire que je remuerois le convoy, parcequ’au mois de décembre dernier, j’avois dit à deux députez de laGrand’Chambre, que le Parlement m’envoya pour me parler duconvoy, que s’ils en diminuoient les droits et s’ils y touchoientseulement, je ferois aussitost descendre le convoy. Le chan-gement des affaires m’oblige d’en-agir autrement et de retenir icyle Bureau, pour oster au Parlement le moyen qu’ils estimoientavoir trouvé d’animer ceste ville et de l’esmouvoir contre moy etcontre le service du Roy. D’ailleurs, j’avois de'sià faict entendreaux communautez du haut païs que le Roy m’avoit promis deleur donner descharge de leurs impositions, à proportion de celleque Sa Majesté voudroit donner au païs Bourdelois, affin qu’ilssçeussent l’obligation qu’ils auroient à la bonté du Roy, non pasau Parlement de Bourdeaux.
Ils veulent examiner tout ce qui se lève en leur ressort, et ontordonné que tous les fermiers du Roy leur porteroient leurs baux.Ce qui se passa le neufviesme jour de ce mois monstre plus clai-rement leur inclination pour le Parlement de Paris, contre lequel,
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