LES DESSOUS DE L’HISTOIRE
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s’imaginant qu’on vouloit assembler les Estats, ils firent effortpour en empescher la convocation. La Grand’Chambre opinaseule avecq ses Conseillers de la Tournelle, où il ne passa quede deux voix qu’on ne s’y opposerait pas. Les Enquestes en-trèrent incontinent après que cest arrest fut donne' et vouloientqu’on opinast derechef sur la mesme matière ès Chambres assem-blées, où il ne passa que d’une seule voix que pour le respect dela Grand’Chambre, qui avoit désià prononcé son arrest au Lieu-tenant général, on n’opineroit pas derechef, et qu’on ne deffen-droit pas l’exécution des lettres du Roy pour la convocationdes Estats. Le jour avant ceste Assemblée, j’avois faict sçavoirà plusieurs de ceste Compagnie qu’ils pouvoient bien donnertel arrest qu’ils voudraient, mais que je donnerais ordre qu’onobéist au Roy et qu’on tinst en ceste province l’Assemblée desSe'neschausse'es pour députer aux Estats d’Orléans, Vous pouvezjuger par ceste délibération, Monsieur, et par les précédentes,quelle est l’intention de la pluspart de ceste Compagnie, enlaquelle le premier Président n’ose pas encore proposer de faireresponse à la lettre qu’elle a reçeüe du Roy touchant ces mou-vemens, de peur qu’ils prennent de là subiet d’escrire à SaMajesté des plainctes et remonstrances pareilles à celles qu’afaictes cy-devant le Parlement de Paris. J’oppose à tous cesdesseins ung soin extraordinaire pour les prévenir ou les estoufferen leur naissance, et en empescher les pernicieuses conséquences.J’ay envoyé des gentilshommes de considération en toutes lesparties de ce gouvernement et aux principaux de la noblesse.Il n’y a point de ville remarquable qui ne m’ayt député, ny gen-tilhomme qui ne soit venu ou n’ayt envoyé me faire des protes-tations de sa fidélité, ce que j’ay faict valoir et que je suis allédire en plein Parlement, affin d’oster à ceux qui voudraient fairemal l’espérance de réussir, et retenir par la crainte de la puissancedu Roy et de l’union des gens de bien ceux que la raison et lajustice ne pourraient contenir. J’ay adverty les chefs des ordresreligieux d’instruire leurs prédicateurs à parler dignement del’obéissance que la Religion nous commande de rendre au Roy.J’ay eu des asseurances des villes de Montauban, Bergerac,Sainte-Foy et autres huguenotes, et de la part de Monsieur lemareschal de La Force et de tous ses enfans, de Monsieur deDuras, de Monsieur de Colonges, et par lettres, que plusieursMinistres de la Religion prétendue réformée ont escrites aux