CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER
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Ministres de ceste ville, que les huguenotz de ceste provinceseroient dans le service du Rov. Il n’y a personne parmy lepeuple de Bourdeaux qui ayt quelque crédit entre les habitanset sur les artisans et gens de travail, à laquelle je n’aye parléou faict dire les choses convenables pour conserver ceste villeen repos. Avecq toutes ces précautions, je ne me fie pas en cesteapparence de tranquillité et n’en ose asseurer. Les esprits sontsy généralement desbauchez, les motifs du soulagement et bienpublic et de la liberté sont sy puissans, les gens de robe sy ar-tificieux et sy attentifs à toutes les occasions d’esmouvoir lepeuple, et sy attachez à presser et à pousser tousiours en avantl’exécution de leurs volontez, qu’une heure nous peut changertoutes choses et nous jetter en de fascheux embarras. Il est demon debvoir d’employer tout ce que Dieu m’a donné d’industrieet de pouvoir, affin de prévenir ces maux, et pour les arresteret les esteindre au plus tost s’ils avoient paru. Le reste est dansla conduite des autres et dans la disposition et Providence deDieu, qui me fera tousiours la grâce, comme je l’espère de sabonté, que je fasse, comme j’v suis plus résolu qu’à vivre, toutce que je doibs pour le bien du service du Roy avecq unepassion et fidélité qui ne se peuvent changer, non plus que larésolution que j’ay faicte de vous honorer tousiours parfaitementet d’estre toute ma vye,
Monsieur,
vostre très-humble et très-affectionné serviteur,
Le duc d’Espernon.
De Bourdeaux, ce 16 febvrier 1649.
PROCÈS-VERBAL
DE LA SIGNIFICATION DE L’ARRÊT DU PARLEMENT INTERDISANTLA LEVÉE DE DROITS NOUVEAUX (i)
Le samedj' vingt-septiesme jour du mois de febvrier mil sixcent quarante-neuf, sur les neuf à dix heures du matin, nous
(1) Dossier n° 108, tome II, pièce 44.