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Tome I.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER

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LETTRE DE M. DE PONTAC (i)Monseigneur,

L’arrest du Parlement de Bourdeaux donne' contre nostreCompagnie n’est pas la seule, ny la plus grande de mes peynes,puisque je viens d’apprendre par une lettre de Monsieur deFoulle' que deux de nos Officiers, mes ennemys particuliers,pour satisfaire à leur ressentiment et à la haine qu’ils ontconçeue contre moy depuis l’Edit non exe'cute' portant cre'ationdu semestre et la translation de nostre Compagnie dans laville de Xaintes, soubz pre'texte d’une de'putation qu’ils ontrecherche'e pour me nuire, s’essayent de vous persuader qu’ilest à propos, pour le repos de nostre Compagnie et sa con-servation contre les entreprinses du Parlement, de me des-grader et de me priver en faveur de Monsieur d’Espernon duplus beau droit de ma charge et de luy accorder, à mon ex-clusion, la première place dans la Cour des Aides de Guyenne.Monseigneur, sy nos Officiers se servent en ce rencontre mal àpropos du nom et du crédit de mon dit sieur d’Espernon, et sy,comme l’on m’a asseuré, mon dit sieur d’Espernon a moinsd’attachement et tesmoigné en ce rencontre moins d’empres-sement que mes propres collègues à me ravir l’honneur etle bien, considérez, je vous supplie, qu’ils attirent sur eux lereproche de la plus noire malignité qui se puisse imaginer,puisque s’efforçant à me faire perdre la première place que j’oc-cupe parmy eux, ils consentent en mesme temps à la ruyne età la dégradation de la robe et la perte du plus grand advantagede la magistrature souveraine, qui a conservé, depuis l’establis-sement de la Monarchie, Padvantage de n’avoir d’autres Pré-sidens que ceux de son ordre, ny d’autres personnes à sa testeque celles qui portent le caractère, l’habit" et la livrée de laJustice. Je suis obligé de croire, Monseigneur, que je n’ay pointd’autre partie en ce rencontre que mes collègues, Monsieurd’Espernon sçachant très-bien ce qu’il peut et doibt prétendreen ce temps pour récompense de ses services, pour vouloir réglerses demandes à sy peu de chose, Cest intérest est de peu de

(i) Dossier n° 114, tome V, pièce 85.