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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
Libourne une de ses ordonnances portant commandement àceluy qui y commande pour le Roy, par mes ordres, de fairecesser le travail, et mesme razer le re'duit que j’ay trouve' néces-saire de faire construire à Libourne. Le fils de Monsieur d’Ar-genson porta luy-mesme ceste ordonnance à Libourne, et m’estvenu trouver soubz pre'texte de me prier d’en donner unepareille, mais en effet pour me prier de la part de son pèred’excuser ceste entreprinse sur ma charge, et de l’excuser surla violence qui l’a extorque'e et sur la pre'sence des dernièresextre'mitez qu’il craignoit en sa personne, de la part d’ung peupleenragé et suscité par des furieux du Corps du Parlement. Depuisl’arrivée de son fils, j’ay reçeu une de ses lettres qui me faictcognoistre qu’il a pris le prétexte de m’envoyer prier en faveurde Bourdeaux par son fils, pour le retirer du péril où le pèrese trouve, affin de conserver son fils, qu’il me supplie de retenirprès de moy, s’il ne se peut conserver et sauver soy-mesme. Salettre me confirme ce qu’il m’avoit désià dit, que les lettres quel’advocat général Lavie escrit de Paris entretiennent ce misé-rable peuple en sa rébellion, et mettent sa vye en danger, caril a escrit que ce que j’ay faict à Libourne n’est point approuvéà la Cour et est désapprouvé par le Roy, qui a donné pouvoiret charge au dit sieur d’Argenson de contenter les Bourdelois,particulièrement en ce point. De là est procédée la violencequ’on faict à Monsieur d’Argenson et la nécessité qu’on luy aimposée d’ordonner contre le réduit de Libourne. De là vient lacontinuation de la rage de Bourdeaux, qui pense prendre quelquetiltre et droit de ceste prétendue ordonnance, c’est-à-dire de sonpropre crime et de cest insupportable mespris qui se faict del’authorité du Roy, en retenant en prison l’envoyé par Sa Ma-jesté, et le forçant de m’escrire et à la Cour tout ce qui leurplaira. On me rapporte que le Parlement s’est faict comme forcerpar le peuple à donner ung arrest qui luy ordonne ou permetd’aller en armes à Libourne, sous la conduite du général Cham-bret. Et toutes ces nouvelles m’ont obligé à retenir les troupesqui ont hyverné dans ce gouvernement, et qui estoient sur lepoint d’en sortir, pour en user, s’il est besoin, contre ces furieux,qui croyoient qu’elles en fussent désià fort esloigne'es. Je taschede retirer Monsieur d’Argenson, et je l’ay désià prié par lettrede prendre la peyne de me venir trouver pour traiter de chosesnécessaires au service du Roy et au bien et repos de ceste pro-