CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SF.GUIER
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vince; mais comme il despend des rebelles de luy rendre ouretenir ma lettre, je ne sçays s’ils auront failli contre le respectqu’ils doibvent au Roy, en ne la rendant pas, ou bien en l’em-peschant de sortir après qu’il leur en aura donne' communication.Vous voyez, Monsieur, les effets de la de'putation de Lavie etde son affection et fidélité' au service du Roy. Le réduit de Li-bourne fasche ces factieux : je ne l’ay pas commencé pour leurplaire, mais pour punir la rébellion qu’ils avoient communiquéeà Libourne et réparer aucunement la bresche qu’ils avoient faicteà l’authorité du Roy, et rompre la communication qu’ils vouloientestablir par ceste ville et par le Périgord avecq les provincesvoysines qui s’estoient soubleve'es, et où toute la noblesse et lesvilles estoient parlementaires.
Monsieur d’Argenson m’a dit diverses fois, depuis qu’il a estéà Bourdeaux, que tant s’en faut qu’il feust à propos de desmolirle réduit de Libourne, qu’il seroit nécessaire d’environner Bour-deaux de citadelles, pour dompter sa fureur. Je ne crois pas qu’ilayt manqué d’en escrire en mesrae sens au Roy, et j’avois différéde prier le Roy de m’envoyer ung ordre pour la continuation dutravail de Libourne, sur l’asseurance que j’avois qu’on l’enverroitincontinent, sur l’advis que Monsieur d’Argenson m’a dit en avoirdonné à la Cour. Oultre qu’aux nécessitez présentes je doibsagir sur l’heure, sans attendre des ordres qui seroient inutilesquand nous aurions perdu nostre crédit et les affaires du Roy,j’en escris toutefois à présent à Monsieur le Cardinal et le priede nous faire envoyer cest ordre, pour oster tout prétexte auxBourdelois de troubler leur repos, en disant que je fais, commeLavie leur a mandé, ce que le Roy n’approuve pas, ce qui leurfaict entendre que le Roy approuve leur révolte et leur manie.Au reste, ils ne doibvent point estre escoutez, ce me semble,pendant qu’ils ont les armes à la main, et principalement aprèsleur manquement aux paroles données à Monsieur d’Argenson,en conséquence desquelles j’avois esloigné les troupes et m’estoisretiré des portes de la ville. Que sy on les escoute après leurrébellion, il n’est pas raisonnable qu’ils parlent pour une autrecommunauté que celle de Bourdeaux. Sy Libourne se plaint, onpourra luy faire raison, mais de permettre que Bourdeaux em-brasse la cause et la protection des autres villes de la provinceet s’intéresse en toutes les affaires des autres, ce seroit ungexemple de très-pernicieuse conséquence. Et après tout, quand