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Tome II.
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CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÉGUIER

I I

ordonnance à leurs gens de guerre et les retirer au plus tost. LeParlement s’en est mocque', comme il paroist, et je vois Monsieurd’Argenson re'duit maintenant à ne plus aller à Bourdeaux, depeur de pareils traitemens à ceux qu’il y a reçeus, et obligéd’attendre à Cadillac ou ailleurs où ils ne seront pas les plusforts, leurs responses aux propositions qu’il leur fera, ou bienaux ordres qu’il leur envoyera de la part de Sa Majesté. Vousvoyez à quel point se monstre l’insolence de ceste ville séditieuseet de son Parlement et une exécution des conseils de leur députéLavie, et pouvez juger du mérite des ungs et des autres et deleur général, comme de la nécessité de les chastier tous, sy leRoy veut conserver son authorité dans ceste province. Je vais,avecq bonne espérance en la grâce de Dieu, leur donner devantLibourne une partie du chastiment qu’ils méritent, et de servirle Roy comme je suis obligé, qui suis,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionné serviteur,

Le duc d’Espernon.

De La Réole, ce 24 may 1649.

LETTRE DE M. D’ARGENSON (1)

Monseigneur,

J’avois tout achevé d’ajuster à Bourdeaux, où j’estois allé pourfaire cesser la garde des portes, rendre le chasteau du Hâ etrompre toutes les barricades, mais le peuple a pris ombrage dequelques canons et mortiers portez à Libourne et d’une murailleque l’on y continuoit seulement pour descharger les habitans dulogement des soldats qui sont dans la ville et pour faciliter laperception des droits du Roy, en retirant vos gens de guerredans le réduit dont j’avois sursis tout le reste du travail, enattendant l’ordre du Roy sur la continuation ou sur le razementde ce qui est faict. Le Parlement avoit mesme résolu ceste ces-

(1) Dossier no 107, tome II, pièce 99.