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LES DESSOUS DE L HISTOIRE
leur marche et de leur arrivée devant Libourne avecq quatrevaisseaux et quelques chaloupes sur la Dordogne et nombre depaysans révoltez, oultre ce qu’ils ont tiré de Bourdeaux soubzla conduite de Chambret, général, et d’ung La Roque deS'-Macaire, leur mareschal-de-camp, et de cinq ou six Con-seillers du Parlement qui commandent des compagnies de ca-naille de la ville. Ils croyoient les troupes du Roy fort esloi-gnées : nous avons faict descendre les régimens d’Anjou etpartie de celuy de la marine et de Guyenne, qui sont à Branne,au-deçà de Dordogne, à une lieue de Libourne, commandez parMonsieur de La Serre, mareschal-de-camp. Le régiment de ca-vallerie de Créquy et le reste du régiment de la marine doibventarriver icy aujourd’huy, avecq lesquels j’espère joindre demainnos gens qui sont à Branne et combattre après-demain ces re-belles, s’ils osent nous attendre. Je viens de recepvoir nouvellesque les assiégeans, après avoir tiré 3 ou 400 coups de canoncontre le costé des murailles qui regarde la Dordogne, y avoientfaict ung trou et donné assaut, d’où ils avoient esté repoussezavecq perte. Le lieutenant-colonel du régiment de Guyenne,La Barte, et Martinet, major, et Lavau, homme intelligent etferme, sont dans la place avecq nombre de gens suffisant pour ladeffendre longtemps contre des ennemys plus redoutables. Auxpremières nouvelles du manquement de la parole que Chambretet les Bourdelois avoient donnée à Monsieur d’Argenson, à sondespart de Bourdeaux, je dis au dit sieur d’Argenson que lesaffaires estant en autre estât qu’il n’avoit creu et me les avoitexposées, je ne pouvois et ne debvois tenir ce que je leur avoisaccordé pour le réduit de Libourne, et le priay de le faire sçavoirau Parlement, affin qu’ils n’eussent point de lieu de nous accusercy-après de ne leur tenir pas parole, et je le conviay de remédierautant qu’il le pouvoit, au mal que ces rebelles prétendoient,prétextant d’une ordonnance qu’ils avoient tirée de luy pendantqu’ils le tenoient dans le chasteau du Hâ. Il m’a dit avoirenvoyé au Parlement une ordonnance qui condamne la sortie deBourdeaux et la marche à Libourne, et ce qui s’ensuivra de leurpart comme une entreprinse manifeste contre Pauthorité du Roy,et enjoint à ceux qui sont sortis en armes et à ceux qui lescommandent de retourner au plus tost, à peyne de désobéissanceaux commandemens du Roy et d’estre traitez en perturbateursdu repos public, et qu’il a prié le Parlement d’envoyer ceste