CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER
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roient suyvy ou pourroient suyvre ce malheureux party, et je nepropose rien contre le Parlement, sinon l’interdiction et qu’onpourvoie cependant à l’exercice de la justice souveraine dans ceressort. Le Parlement est l’autheur de toute ceste rébellion. Lesiège de Libourne, la plus haute insolence de nostre temps, estson ouvrage, entreprins et continué en vertu de ses arrestsdepuis mon esloignement et celuy des troupes hors du Bour-delois, après l’envoy de son député Lavie pour asseurer le Royde son obéissance. Et après les commandemens que Monsieurd’Argenson luy a faicts de vive voix et par escrit de mettre basles armes, il a conduit l’armée qu’il appeloit du Parlement,a pourveu à sa subsistance, et a soublevé les petites villes etles communautez voysines, en la personne de ses deux Commis-saires, Cursol et Massip, et avoit envoyé trois autres Conseillers,Thibault, Muscadet et Andraut, y commander des bataillons,pendant que Monsieur d’Argenson s’estoit laissé persuader parSudiraut et autres principaux moteurs du Parlement et de larévolte, qu’ils avoient donné arrest portant deffenses à tous lesConseillers et Officiers de la Cour de sortir pour aller à Li-bourne et de se mesler de ceste guerre. L’interdiction donneratemps à Sa Majesté de délibérer sy Elle doibt supprimer cesteCompagnie, comme on le pourroit faire avecq moins de douleurdes autres Parlemens, en joignant au ressort de Paris ce qui estau-delà de la Dordogne et le reste à celuy de Tholouse. Sy onne jugeoit pas à propos d’en user de la sorte, la crainte de lasuppression feroit que ce Parlement mesme recepvroit commeune faveur signalée sa translation à Périgueux, où il a esté au-trefois, qui luy seroit et à la ville de Bourdeaux quelque sortede punition de leur faulte. Je vous propose, Monsieur, et remetsà vostre jugement ceste voye de punir la rébellion du Parlement,soit en le supprimant, comme il le mérite, soit en le transférantseulement, et je ne l’explique pas au Roy dedans ma lettre quidoibt estre remise à Monsieur de La Vrillière, à cause de ladefférence qu’il rend aux sentimens du premier Président, dontl’irrésolution et là timidité nous ont causé beaucoup de mauxpar la facilité et trop grande créance que Monsieur d’Argensona adioustées à ses conseils. Je supplie aussy Sa Majesté d’em-pescher, comme très-pre'iudiciable à son service, la communi-cation de Paris à Bourdeaux par le courrier ordinaire, jusques àce que ceste ville rebelle soit réduite à l’obéissance qu’elle doibt.