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Tome II.
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LES DESSOUS DE l’hISTOIRE

l’advantage que Dieu a donne' aux armes du Roy et conserverl’authorité Royale et de la Re'gence dedans ceste province. Au-trement, il nous faudroit renoncer au gouvernement et aban-donner ung pais laisse' en proye à l’insolence des ennemys de laRoyauté' et de la Re'gence, que l’impunité' de leur re'bellionrelèveroit à ung excez insupportable. Il n’y a point de peyneet de difficulté', comme on imaginoit à la Cour. Le Parlementne pouvoit rien que par la bourse et par les bras et armesdes habitans de Bourdeaux, qui les ont en horreur et se for-tifient tousiours dans la re'solution de vivre en repos et enl’obe'issance qu’ils doibvent, comme le sieur de La Roche, queje leur ay laisse' à leur prière, m’en asseure avecq les Jurats etles principaux bourgeois. Nous n’occuperons pas icy beaucoupde forces, comme on craignoit à la Cour que nous y fussionscontraints, pour réduire ces gens à la raison. Il y en a plusieursd’entre eux, des plus mauvais, qui sont retirez hors de la pro-vince. Tous se jugent dignes de punition et la craignent commeils la méritent, et s’estimeroient bien heureux, s’ils sont seulementinterdits et sy on se contente à la Cour d’en chastier exemplai-rement dix ou douze des plus séditieux. C’est ce que je croisque l’on doibt faire, et commencer promptement et sans délaypar une interdiction de tout le Parlement et des Requestes, etpunir par après plus sévèrement à loysir les plus coupables. Jevous supplie d’y contribuer ce que vous jugerez raisonnable,comme à une chose absolument nécessaire au service du Roy età la conservation de son authorité et du repos de ceste province,les seuls intérests que prend en ces rencontres,

Monsieur,

vostre très-humble et très-affectionné serviteur,

Le duc d’Espernon.

De Cadillac, ce 14 juin 1649.

Monsieur, la Cour des Aides, suyvant l’ordre que je luy endonnay ces jours passez, se restablit hier elle-mesme à Bourdeaux,à la veüe du Parlement, qui en souffre et qui en gémit. De làvous pouvez juger sa foiblesse. Il attend luy-mesme son inter-diction et rien de plus favorable. Je vous supplie de vous vouloiremployer à ce qu’il ne soit pas trompé en ceste attente.