CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SEGUIER
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LETTRE DU DUC D’ÉPERNON (i)
Monsieur,
Je ne puis m’empescher de vous donner advis que je prévoisdes inconvéniens très-préiudiciables au service du Roy et aurepos de ceste province, par la résolution que l’on prend d’yenvoyer des Maistres de requestes comme Intendans. Soubzquelque nom qu’ils y puissent venir et soubz quelque prétextequ’ils puissent prendre, il leur est impossible de se garantir, età moy de les mettre à couvert de la persécution des Parlemensde Tholouse et de Bourdeaux, et de la violence des peuples, quiseront en cela bien d’accord avecq ces Compagnies. Celle deTholouse a désià commencé d’y préparer ceux de son ressort,par ung arrest qui a esté signifié aux Trésoriers de France dela Généralité de Montauban, par lequel il leur est deffendu dene procéder à l’imposition des tailles que sur le pied auquel ellesestoient en l’année 1618. Je vous supplie très-humblement, Mon-sieur, de vouloir considérer et représenter l’importance de cesteaffaire, et de croire que le zèle que j’ay pour le service de SaMajesté et le repos de ceste province sont les seuls inte'rests quifont parler,
Monsieur,
vostre très-humble et très-affectionné serviteur,
Le duc d’Espernon.
D’Agen, ce 18 juin 1649.
Monsieur, je vous envoyé l’extrait que j’ay reçeu, depuis malettre escrite, d’ung arrest du Parlement de Tholouse donnédepuis deux jours, par lequel, sur l’advis de la nomination deMonsieur de Tallemain, il est faict deffense aux peuples de lerecognoistre :
(2) « Sur l’advis que nous avons eu que Monsieur de Tallemain,» maistre des requestes, s’achemine dans la province avecq une
(1) Dossier n° 87, pièce 46.
(2) Cet extrait et les deux lignes qui suivent sont enregistrés dans le dossier no 87 sousle n® 47.