CORRESPONDANCE AVEC LE CHANCELIER SÊGUIER 65
fidèles subietz et de l’Église. Pas ung arrest n’a este', ny seroitpublie' et intime' sans leurs sollicitations, les bons catholiquesseroient abandonnez dans leurs perse'cutions, la parole de Dieun’y paroistroit que dans les livres, et les affligez seroient sansconsolations. Et comme les Consuls et les Magistrats se trouventou parens, ou amis, ou engagez avecq les principaux religion-naires (auxquels mesme ils ont marie' leurs filles depuis peu,
comme le dit sieur de Villeneufve., etc.), les dits Officiers
n’osent et ne veulent rien entreprendre, pour ne desplaire àpersonne et se conserver en paix avecq ceux qui font la guerreà Dieu et à l’Estat par leurs de'sobe'issances continuelles. J’ayfaict voir au sieur Commissaire, pour la justification de nostrejuste zèle, plusieurs lettres de Messieurs les Intendans, commede Messieurs de Balthazar, de Bezon, de Messieurs les Pre'sidenset Procureurs du Roy de Tholouse et de Castres, escrites entout temps aux Supe'rieurs des Missions de Sa Majesté', parlesquelles ils les prient de prendre garde à tout ce qui se passeau pre'iudice de ses Ordonnances et de ses arrests et au désad-vantage de l’Église. Ils leur ont faict l’adresse des arrests, pourqu’ils obligent les Officiers ne'gligens ou peu ze'le's à les fairegarder. Tout cela, Monseigneur, faict voir à Vostre Grandeurque nous n’entreprenons rien qui puisse estre blasmable, commeon nous veut accuser, affin que nous n’ayons plus la liberté'd’agir pour la gloire de Dieu et l’inte'rest de nostre Souverain,qui nous tient en missions à ce glorieux dessein, mais, au con-traire, nos actions sont approuvées comme n’ayant qu’ung motifreleve' et de'tache' de tout inte'rest particulier.
Ainsy, Monseigneur, nous réclamons vostre pie'te' et vostre| pouvoir, pour qu’il vous plaise procurer que Sa Majesté' nous! continue ses faveurs et ses protections, avecq la liberté' d’agir,
| comme nous avons tousiours faict, en tout ce qui concernera: son inte'rest et celuy de l’Église, en nous accordant de nouvelles; patentes pour cest effet, attendu la rage et l’inimitié' que l’hérésiea conçeües contre nous et tous les religieux de ceste ville, lesquelsportent aussy leurs plainctes à Leurs Majestez et demandentleurs protections par Monsieur le dit Commissaire. Dieu, pourlequel vous agissez, Monseigneur, tiendra registre des faveursqu’il vous plaira nous despartir pour sa gloire et l’advantage deses fidèles, et nous continuerons de luy offrir nos sacrifices, etnous prierons pour qu’il vous comble de ses béne'dictions et
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