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LES DESSOUS DE l’hISTOIRE
conserve vostre chère et honorable personne, de laquelle je suisavecq tout l’ordre et avecq tout respect,
Monseigneur,
vostre très-humble, très-obe'issant et très-soumis serviteur,
Symphorien,
Capucin et gardien indigne.
De Milhau, ce 12 may i663.
LETTRE DE M. DE VILLENEUVE ( 1 )Monseigneur,
Ayant sçeu que les habitans de ceste ville faisant professionde la R. P. R. faisoient dire à des catholiques que les religieuxCapucins avoient beaucoup contribue' au de'sordre qui fut faicten ceste ville, le dix-neuf febvrier dernier, à l’enterrement d’unefille mendiante, j’ay creu que me trouvant Commissaire pourinstruire ceste proce'dure, je debvois vous dire la ve'rite' et l’estâtde ceste affaire le plus succinctement qu’il me sera possible.
Le dix-huit febvrier dernier, l’arrest du Conseil d’Estat du treizenovembre dernier sur la forme et règlement des enterremens desmorts de la R. P. R. fut publié par toutes les rues de Milhau,à la sollicitation des religieux Capucins, le Juge, quoyque catho-lique, et le Procureur du Roy, qui est son nepveu et de la R. P. R.,ne le faisant pas.
Le lendemain dix-neuf, une fille mendiante ayant esté trouvéemorte dans ung corps-de-garde qui est sur la muraille de laville, les religionnaires, sortant du temple sur les trois à quatreheures de l’après-midy, se rendent à cest enterrement, et il estvéritable qu’à la réserve de quelques particuliers, en petit nom-bre, et des dits Procureur du Roy et Consuls de la dite Religion,tous les habitans s’y trouvoient, quoyqu’il y eust deux pans deneige et qu’il, fist ung vent sy grand qu’il jetoit la neige auxyeux de ceux qui y assistoient, et empeschoit ceux qui les re-gardoient de cognoistre ceux qui y estoient et qui battoient, à
(1) Dossier n° 114, tome VI, pièce 27.